La Gazette de la grande ile

Fin de l’état d’urgence sanitaire : Les sectes reprennent du service (4ème partie)

Publié le 18 novembre 2021

La fermeture des lieux de culte pendant la pandémie, décrétée avec justesse par les pouvoirs publics au nom du principe de précaution, a engendré une frustration chez ceux qui pratiquent leur foi religieuse avec ferveur.Ils se sont sentis perdus ou orphelins. De nombreux croyants ne savent pas, ou ne peuvent pas, se contenter de la lecture des Ecritures Saintes à domicile. Certains ont absolument besoin d’être guidés dans leur cheminement moral, tandis que d’autres ne peuvent pas se priver de la solennité de leur église et de ses rites. La levée de l’état d’urgence sanitaire a été donc accueillie comme une libération, voire une bénédiction. Les gourous des sectes surfent avec opportunisme sur ce besoin de repères pour revenir sur le devant de la scène. Ils profitent de cette soif de spiritualité pour se refaire une santé financière. C’est pourquoi, on assiste à une nouvelle invasion presque obscène des messages publicitaires (par voie d’affiches et de spots radiophoniques et télévisés) qui font la promotion de rencontres évangéliques chargées de promesses divines concrétisées par des miracles immédiats. Les stades bondés de monde sont l’assurance pour les prédicateurs et autresmarchands de boniments d’engranger des recettes confortables car les fidèles ne rechignent pas à la dépense au moment de verser l’obole. Les experts en manipulation de masse excellent dans l’art d’extorquer la quête la plus élevée possible aux croyants en quête de sens et d’absolu. La prolifération des sectes constitue un grave danger à l’ordre public et moral dans les pays en voie de développement, dont Madagascar.Au Rwanda, les autorités ont eu le courage de fermer 714 églises et temples illicites en 2018.

Phil de Fer

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