La Gazette de la grande ile

Edito : Quel budget pour le PBZT?

Publié le 20 novembre 2021

Le Parc botanique et zoologique de Tsimbazaza ( PBZT), un des rares endroits de la capitale où il y a de l’espace vert,  un des rares endroits de la capitale où les enfants de toutes les classes sociales peuvent s’évader et découvrir les animaux,  un des rares endroits accessibles à tous et où bon nombre de Tananariviens se ruent les jours de fête pour faire un pique-nique, un des rares endroits qui ont une ancienne jolie combrière, et a été au centre de déclarations, de communiqués, de démentis en l’espace de 24 heures. Au-delà d’une preuve irréfutable d’une mauvaise communication avec ces rétropédalages dont ce régime a le secret ainsi que d’une probable  mauvaise gouvernance, le fait est que comme pour plusieurs centres de recherches, le budget affecté à ce parc est réduit en peau de chagrin chaque année par rapport aux besoins d’un parc botanique et zoologique. Le fait est qu’un parc zoologique suppose des animaux en bonne santé et agréables à regarder, le fait est qu’un budget conséquent est exigé pour entretenir les espaces verts -déjà plus que rares dans la capitale qui en a bien besoin. L’entrée au PBZT est plus qu’abordable, le PBZT n’est certainement plus l’endroit où les riches vont, car ils peuvent aller dans les parcs privés ou aller dans des endroits luxueux du pays pour voir les animaux en liberté ou mieux prendre l’avion, aller visiter des zoo et faire des safari. Le PBZT n’a pas bénéficié depuis des années d’un ravalement de façade tel que c’est le cas du jardin d’Ambohijatovo. Le PBZT a certainement un budget, mais gageons que comme tous les centres de recherches tels que le CNRO, ce budget est réduit au fil des ans si bien que choisir une action prioritaire relève d’un casse-tête, car tout y est prioritaire… donner à manger aux animaux,  entretenir le jardin,  arranger la route qui traverse le parc et qui atterrit au ministère de l’enseignement supérieur, payer le salaire des gardiens et de ceux qui s’occupent des animaux, faire venir des vétérinaires. Certains diront que tout cela n’est pas prioritaire, car la détermination des priorités chez nous est bien entendu subjective. Entre essayer d’entretenir cet espace vert,  poumon quand même ne serait-ce que des quelques kilomètres aux alentours et construire un Colisée en douce et qui n’est pas utilisé,  le choix est le Colisée. Entre essayer d’entretenir cet espace vert, le peu qui reste, et mettre en place une usine qui va construire des 4×4 qui vont polluer encore plus l’air, le choix est de construire une usine qui heureusement, n’a rien produit jusque-là, puisque nous suffoquons tous déjà avec ces voitures au diesel qui sillonnent les rues de la capitale dont les 4×4 des ministre et autres hauts emplois de l’Etat. Essayer d’entretenir un espace vert,  mettre le budget adéquat pour nourrir les animaux, donner le budget adéquat aussi pour permettre aux humains qui s’occupent des animaux de se nourrir et faire se déplacer toute une délégation de personnes avec des centaines de dollars par jour à l’extérieur de Madagascar pour par la suite zéro résultat, zéro contrat, zéro financement, le choix est porté sur ces voyages qui coûtent chers aux contribuables. Le choix des priorités est étrange et quand il y a de nombreuses priorités, la décence veut que les dirigeants taisent leurs intérêts personnels,  les bling-bling et œuvrent réellement pour l’intérêt général.  Certains diront que le PBZT ne constitue pas un intérêt général, mais pour beaucoup, les 4×4 polluants,  les déplacements à l’étranger,  les jets privés pour un petit déplacement sont loin de servir l’intérêt général,  le m’as-tu vu ne sert pas l’intérêt général. Alors oui, le PBZT doit être mieux géré, mais surtout, il faut donner le budget nécessaire pour prétendre faire tourner dans les normes  “manara-penitra” un parc botanique et zoologique… sinon, faire ce qui n’a jamais été fait en 60 ans au détriment de ces familles et enfants qui n’ont que le PBZT pour s’évader un peu du marasme économique et politique que nous font vivre ces dirigeants.

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