La Gazette de la grande ile

Edito : L’Etat a atteint le sommet

Publié le 23 novembre 2021

A tous les niveaux des services publics et même au sein  des institutions, les simples  gens rencontrent  de plus  en plus  de  difficultés pour obtenir  satisfaction. Pour la plus petite démarche auprès de fonctionnaires travaillant dans  divers services, ils  ne rencontrent  que déceptions  et tracasseries administratives, refus   et voire même une arrogance  dissuasive. Et  dire que le 15 août  dernier, en décidant de s’entourer d’une équipe «de combat», Andry  Rajoelina  était  déterminé « à  donner un nouveau  souffle à  son quinquennat », mais  voilà  que l’attelage  ne suit pas le rythme. On a même l’impression que  les «défaillances» auxquelles le  Chef  de l’Etat  voulait mettre un  holà, ne font  que s’aggraver.

Loin de nous l’idée de vouloir jouer aux éternels insatisfaits qui  trouvent  toujours matière à critiquer  sur  tout. Il suffit d’écouter les simples gens  qui  se lamentent   à  cause de l’insatisfaction flagrante qu’ils  rencontrent dans les divers bureaux qui  en principe ont pour  vocation  de les  aider à solutionner les ennuis bureaucratiques infligés par les  caprices des  décideurs. Si les  dossiers  des litiges fonciers encombrent les  cours  des tribunaux  civils c’est parce  que les services  des domaines sont les  antichambres de la  corruption,  sans  que le ministre  responsable s’en préoccupe outre mesure  au profit des administrés. En  matière de protection  des  biens et  des personnes, le  fait qu’on fasse appel aux militaires pour  combattre les  bandes  armées  de dahalos dans les milieux  ruraux, est  suffisamment  révélateur pour affirmer que les premiers  responsables  sur le terrain font preuve  d’un minimum  de  service. La lutte contre l’insécurité  en principe doit commencer par une stratégie  de prévention intense pour  éviter des opérations de  répression  souvent évitable pour écarter les  bavures  toujours possibles. En  amont, les  résultats positifs  ne dépendent  alors plus que  de la bonne  administration  de la justice  auprès  des  juridictions,  autrement les  efforts des hautes  autorités  dans  ce  sens restent  et  demeurent inopérants. Bref les reproches disant  clairement  que   «certains membres  du  gouvernement n’assurent pas la tâche qui  leur  a  été  confiée » lancées par celui  qui croit positiver la perspective de la présidentielle de 2023,  sont  toujours  d’actualité. Une  réalité  qui n’arrange pas du  tout la  suite des  évènements. Surtout  qu’au lieu de redresser la situation les responsables concernés  s’enlisent  dans  une mauvaise manière  de  servir. Si l’exemple doit  venir  d’en  haut, ce n’est pas le Premier ministre  Christian  Ntsay qui n’arrive pas à sortir son  épingle  du  jeu des  démêlés  et  des blocages suspects du  secteur des  exploitations  minières qui pourrait  servir  de modèle.

Noël Razafilahy

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