La Gazette de la grande ile

Edito : Plus de maux que de réussites

Publié le 24 novembre 2021

Les débats parlementaires sur le Budget 2022 soumis pour approbation à  Tsimbazaza attirent l’attention de  tous les  secteurs de la  nation. Les  simples  gens, les profanes  et les  experts  comme les opérateurs économiques s’y  intéressent tous. La  raison  de  cet intérêt  particulier concerne uniquement une gouvernance qui a  débuté avec l’arrivée  de  Christian  Ntsay au pouvoir à la  suite  de l’émeute des 73 parlementaires contre Hery Rajaonarimampianina  en 2018 laquelle  «a ouvert de facto la course à sa succession ». Et la nomination, le lundi 4 juin, de Christian Ntsay au poste de Premier ministre ne change rien au parfum de fin de règne qui flotte sur Antananarivo, précise Olivier  Caslin  de Jeune  Afrique.

L’indéniable seul fait saillant depuis  sa nomination  était de  diriger «un gouvernement capable de sortir de la crise et de conduire le pays jusqu’à l’élection présidentielle.» Charge  qu’il a  réussie  tant  bien  que mal , il  faut le  reconnaître. Avec tous les couacs que l’on  sait… Depuis, le  retour triomphal  d’Andry Rajoelina en 2019 et le premier gouvernement nommé par le nouveau Chef d’Etat avec la  reconduction de Christian  Ntsay comme Premier ministre, le système ronronnait dans un climat de  déficit de  savoir-faire et d’incapacité  de faire  face  aux  vrais problèmes du pays. L’invasion  de cette pandémie venue  de la Chine  lointaine n’a  fait que montrer  un peu plus le rôle de  simple  figurant  du Premier  ministre. Ecarté de la  conduite  des  affaires  de l’Etat  ou tout  simplement inertie volontaire de la part  d’une personnalité  censée animer l’équipe gouvernementale pour réaliser et  concrétiser les options à  vocation  nationale  du Président  de la  République, Christian  Ntsay n’avait pas  du tout l’air d’être un  bon  exécutant. D’une année à l’autre, les grandes  lignes du P.G.E (Programme Général  de l’Etat) sont souvent enregistrées dans les chapitres  des «vœux pieux» que  n’arrêtent pas chanter  sur un ton  moqueur les  détracteurs du  régime. Malgré  tous les efforts personnels visibles  du Président  de la République dans  ce  sens, la production rizicole, les  revenus des exploitations minières l’insécurité et la lutte  contre la  corruption n’enregistrent  que  de minables  et  symboliques  résultats. Alors  que  d’un  côté, les  détails des  errements  divers dans la manière de servir  des  administrations font l’objet d’une longue liste de maux que les observateurs les plus  indulgents reprochent à un Premier ministre qui, à  chaque  rencontre  avec le public, donne l’impression de  vouloir montrer  qu’il  est l’homme  qu’il  faut à la place  qu’il faut. C’est la  déception  totale pour les compatriotes  qui  se débattent  dans les difficultés nées d’une inefficacité flagrante de l’équipe gouvernementale  incapable  d’éviter  au  Chef  de l’Etat les analyses ironiques d’une opposition de  grandes gueules, composée de groupuscules dépourvus de  chef charismatique.

Noël Razafilahy

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