La Gazette de la grande ile

Gestion des affaires de l’Etat : Gouvernement incompétent

Publié le 25 novembre 2021

Les opérateurs touristiques de Nosy Be ont manifesté, tout habillés de noir, comme pour porter un deuil. Ils ont réclamé l’ouverture de l’aéroport de Nosy Be aux vols d’Ethiopian Airlines, Airlink, Ewa et Air Austral. Ils ont également demandé l’ouverture du port aux bateaux de croisière.

Pour eux, c’est une question de survie et l’ouverture du seul aéroport d’Ivato aux vols internationaux (ainsi que celui de Nosy Be aux vols charters) n’est ni plus ni moins qu’un choix délibéré des politiques de favoriser les Hauts plateaux au détriment des Côtiers.

Et voilà comment l’incompétence des ministres Joël Randriamandranto et Tinoka Roberto, réveille et attise des sentiments tribalistes. Ces ministres n’ont jamais donné des explications cohérentessur leur décision qui paraît dès lors incompréhensibles et arbitraires.

Pourquoi accepter les vols Air Austral à Ivato et pas à Nosy Be ? Alors que Nosy Be reçoit des vols charters d’Italie ?

Pourquoi ouvre-t-on l’aéroport de Nosy Be à des vols venant d’Italie et pas les autres aéroports de province comme Antsiranana, Mahajanga, Toamasina, Toliara et Taolagnaro ?

Pourquoi limiter à deux vols par semaines Réunion/Tana et Maurice/Tana, alors qu’il y a quatre vols hebdomadaires Paris/Tana ?

Le ministre des transports annonce la location d’un B787 pour des vols Paris/Tana ainsi que le déblocage de 5 millions de dollars pour réparer un A340. En revanche, aucun déblocage de fonds pour louer des avions supplémentaires pour les vols intérieurs en vue et la desserte des villes de provinces est ainsi considérée  comme la cinquième roue du carrosse et le cadet des soucis du gouvernement.

Pourtant, pour les vols internationaux, si Airmad ne fonctionne pas, les autres compagnies étrangères Air France, Air Austral et Air Mauritius peuvent transporter les passagers. Elles ne demandent qu’à augmenter le nombre de leurs vols si besoin pour pouvoir répondre à la demande.

Quand on voit le remplissage des B787 d’Air Europa loués par Madagascar Airlines, on ne peut que se poser des questions quant à la rentabilité de cette opération, d’autant plus qu’Airmad vient d’être exclue de la chambre de compensation d’IATA (association du transport aérien international), ce qui veut dire qu’aucune agence de voyage ne vendra plus les billets d’Airmad.  Cette allocation de ressources privilégiant les vols internationaux déficitaires relève tout simplement de l’incompétence.

Quant aux bateaux de croisière, il est évident que si les passagers doivent subir une quarantaine ne serait-ce que de 24h, ils ne viendront pas à Madagascar.

Les deux ministres doivent revoir leur copie en relation avec leurs collègues et les professionnels du tourisme de toutes les régions, prendre enfin des décisions cohérentes. En tout cas, les opérateurs et les côtiers veulent que Tsaradia puisse disposer de six avions comme auparavant, car il n’y a vraiment aucun choix, car il n’y a que cette compagnie pour les vols intérieurs. Il ne faut pas sauver uniquement Air Madagascar, en négligeant les passagers des vols intérieurs relégués ainsi comme une quantité négligeable. Le sauvetage de Tsaradia devrait être la première priorité.

Cette situation n’est en fait que le reflet et la conséquence de l’incompétence du gouvernement quant à la gestion de cette pandémie. Entre la politique du “zéro covid” pratiquée jusqu’ici dans des pays comme la Nouvelle Zélande qui y renonce maintenant, et la politique du “vivre avec”, le gouvernement n’a jamais choisi la sienne. Quand on voit ce qui se passe en Europe où le taux de vaccination est pourtant élevé, il est clair que nous ne pouvons pas imiter bêtement ce qui s’y passe compte tenu de notre faible taux de vaccination.

Nous devons trouver notre propre voie, sans doute avec des politiques différentes entre les grandes villes et les campagnes.

Actuellement, certains préfets veulent reprendre les mesures barrière et sanctionner ceux qui ne portent pas de masques. Mais sur quelle base légale peuvent-ils prendre des décisions d’amendes ou de verbalisations en cas de non port de masque par exemple, puisqu’il n’y a plus d’état d’urgence sanitaire ? Ce gouvernement n’a pas été capable de faire voter une loi spécifique d’urgence sanitaire depuis mars 2020, se contentant d’une vieille ordonnance de 1991 totalement inadaptée à la situation.

Parmi les mesures barrières, le lavage des mains est essentiel, notamment dans les villes où la promiscuité est source de contamination. Pourtant, que faire puisque beaucoup n’ont même pas accès à l’eau pour leur cuisine ou pour étancher leur soif ? Privilégier la construction d’un téléphérique dans un tel contexte est simplement -osons le dire- criminel !

“Atsipy ny tady any antandroky ny omby, atsipy ny teny any am-pon’ny manam-panahy” (traduction contextuelle : on renforce la sensibilisation auprès de ceux qui sont déjà conscients).

La Gazette

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