La Gazette de la grande ile

Régime actuel : Une très mauvaise gouvernance

Publié le 26 novembre 2021

Après l’incendie de l’ONE, c’est au tour de deux centres nationaux de recherches, le CNRIT et le CNRE à Fiadanana Tsimbazaza. Incendie également dans la propriété de feu l’Amiral Didier Ratsiraka à Antanagnambo Toamasina. Après ces incendies et ceux d’aires protégées comme Antsarafantsika, Madagascar est-elle en train de brûler, au propre comme au figuré ? Et toujours pas de pluie ainsi qu’une pénurie d’eau pour aider à éteindre cet incendie !

En septembre dernier, le président Rajoelina est venu éteindre l’incendie qui couvait à la Secren à qui il a été promis le paiement d’un mois et demi de salaire du personnel avec une promesse pour les mois suivants de 50% de subvention en plus du salaire mensuel jusqu’à l’épuisement des arriérés. Hélas, la promesse est non tenue et c’est de nouveau la grève.

Les employés des stations de pesage de Madagascar se sont contentés de la promesse de la primature et de la présidence du paiement de 7 mois de salaire et viennent enfin de reprendre le travail.

Quant au personnel de l’Autorité sanitaire halieutique, on ne sait pas s’ils ont finalement repris le travail depuis juillet 2021. Sinon, peut-être à quelque chose malheur est bon, des crevettes et d’autres produits halieutiques de qualité pourront profiter cette fois, pour les fêtes de fin d’année, aux palais locaux à défaut des meilleures tables européennes.

La Loi des finances 2022 vient d’être adoptée par les députés sans aucun amendement. Les députés ont-ils au moins vérifié qu’y figure bien cette fois-ci en totalité, le paiement des salaires et arriérés des fonctionnaires et des employés de l’Etat, des EPIC (Etablissements publics industriels et commerciaux) et des EPA (Etablissements publics administratifs) ? Les budgets correspondants aux salaires ont toujours été sanctuarisés dans le passé, mais autre temps, autres mœurs sans doute ! Devoir faire grève pour réclamer son dû n’est ni normal, ni agréable pour personne, mais pour beaucoup, c’est une question de survie et ils n’ont pas d’autres moyens de pression pour faire valoir leurs droits. En tout cas, le syndicat des enseignants SECES vient de déclarer que leurs membres n’assureront plus que les heures obligatoires de service, afin de ne pas avoir à quémander le paiement des vacations et des heures complémentaires. Beaucoup d’étudiants de l’Université d’Antananarivo n’auront pas de professeurs cette année et on se demande si la SPM ne va pas être mise à contribution pour en importer !

Le Directeur du Parc Botanique de Tsimbazaza vient d’être écroué pour des soupçons de faux et usages de faux, d’abus de fonction, de détournement de deniers publics et de favoritisme sur des marchés à prestation fictive. Tout est allé très vite et le parquet s’est opposé à la décision de placer ce directeur sous contrôle judiciaire. Le décret d’abrogation de sa nomination a même déjà été adopté par le dernier conseil des ministres.

Quant à l’affaire SMMC Rinah Rakotomanga relatée dans un rapport de l’Inspection Générale de l’Etat et qui n’a toujours aucune suite jusqu’à présent, on comprend le désarroi de ces inspecteurs d’Etat dont on n’exploite même pas le fruit du travail.

Deux poids, deux mesures, telle est donc la gouvernance qui prévaut au sein de ce régime !

Les inspecteurs d’Etat déplorent d’ailleurs la raréfaction des missions à eux confiées. Osant même briser leur obligation de réserve, ils affirment ne plus être sollicités que pour deux missions annuelles au lieu d’une moyenne de six missions auparavant.

Pour les sociétés d’Etat, les décisions du gouvernement ne sont tout simplement pas comprises et donnent l’impression d’être arbitraires. On s’occupe du sort de celles-ci, mais pas de celles-là. Sur la base de quels critères ?

Pourquoi par exemple, la Jirama peut-elle recevoir des subventions de l’Etat et payer, en sus des salaires, des primes de performance et l’achat de voitures pour ses directeurs et ceux du ministère de l’énergie ? Et un ex-DG de ce ministère a même été promu ministre. Alors que toujours rien pour Kraoma dont les employés réclament encore 19 mois d’arriérés de salaires, même si c’est maintenant le Premier Ministre qui est à la tête du ministère des mines (un intérim qui dure) !

Pourquoi l’Etat a-t-il accordé 5 millions de dollars pour sauver Air Madagascar, alors qu’il n’a rien fait pour la Secren ?

La gouvernance ! Les points qui viennent d’être soulevés ne sont que le reflet de cette mauvaise gouvernance qui plombe les actions de ce gouvernement.

Nous avons relaté la découverte d’un captage clandestin d’eau sur les réseaux de fourniture d’eau d’Antsiranana. Cette dérivation permet l’arrosage en permanence à grande eau d’un vaste périmètre de concession de diverses cultures appartenant à la famille du premier ministre Ntsay. Pendant ce temps, la population d’Antsiranana est privée d’eau potable. Une fois de plus, c’est l’impunité totale pour un proche des dignitaires de ce régime ! Ce qui met en doute la crédibilité du gouvernement quant à sa volonté réelle de lutter contre la corruption et de traquer les détournements des deniers publics. IGE, Bianco, Samifin, PAC et l’ARAI (Agence de recouvrement des avoirs illicites) qui va bientôt avoir son DG. Tous ces organismes n’obtiendront pas de résultats tant que le président et le premier ministre ne donnent pas eux-mêmes l’exemple. Oui, l’exemple doit venir d’en haut, ne cessons-nous de répéter et nous le répétons une fois de plus ! Et le bon exemple s’il vous plaît, pas le mauvais !

La Gazette

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