La Gazette de la grande ile

Saisie de 600 kilos de drogue (2ème partie) : des questions sans réponses

Publié le 27 novembre 2021

Après la publication de l’article sur la «saisie de 600 kilos de cocaïne» au port de Toamasina, le public souhaite avoir beaucoup plus d’informations sur cette affaire et beaucoup de questions restent encore sans réponses. D’abord, quels sont les détails de la genèse de cet évènement qui a fait depuis un buzz dans les médias. Selon des confidences de sources très réticentes par peur des représailles, il se trouve que vers le début du mois d’août 2021, le navire AGATA de (MSC) Mediterranean Shipping Company arrive au port de Toamasina avec à bord 40 conteneurs de sucre en provenance du Brésil. Pour le compte de la Société FAMOUS TRADING COMPANY sise à Mangarano Toamasina, KOUTBI TRANSIT Sarl d’Ampasimazava déclare la cargaison. Or, avec le même emballage que les sacs de sucre déclarés officiellement, il y a 18 sacs d’une poudre blanche suspecte que le test indique avec précision comme étant de la cocaïne de base. Des indiscrétions indiquent que les stupéfiants proviennent de la Colombie.

La première question est de savoir comment se fait-il qu’une quantité aussi importante de cocaïne arrivée au mois d’août 2021 ne fasse l’objet d’un intérêt particulier de la part des autorités qu’en ce mois de novembre ? Personne n’a osé donner une réponse satisfaisante… Pourquoi ? Ensuite, quel est le lien du trio de fraudeurs notoires de Toamasina (TAHIR, NASIR, ASIM plus l’autre NASIR) et la société importatrice avec le cartel colombien mondialement connu des trafics de la drogue rendu célèbre par feu Pablo Escobar ? Une précision sur cette relation hautement suspecte avec la mafia sud-américaine sera d’une d’importance capitale pour la suite de la procédure qui ne manquera pas  d’éclairer la lanterne de l’opinion. Il ne faut pas oublier que feu Pablo Escobar était le plus grand exportateur mondial de cocaïne et chef du cartel de Medellin, en Colombie (…) Il est le premier, en 1975, à établir des connexions de routes de contrebande en direction des États-Unis. Sa pénétration sur le marché américain de la drogue se fait de manière exponentielle, en raison de la demande croissante de cocaïne. Autres détails qui méritent d’être éclaircis : entre l’arrivée des produits suspects et l’ouverture des enquêtes, quelles ont été les interventions en coulisse et au profit de qui ?

Peu importent les réponses que ne manqueront pas de donner on ne sait quel responsable étatique, il faut toujours avoir en tête qu’en matière de commerce illégal, l’enjeu principal dans cette affaire de saisie équivaut à plusieurs centaines de milliards de dollars. Personne n’osera cracher dessus, quitte à recourir à ce que les média appellent : infiltrer «la douane». Et pourquoi pas des décideurs très haut placés ? Si ce n’est déjà fait… Entre la quantité réelle saisie qui est de 600 kilos et celle qui serait réellement arrivée au port de Toamasina, les mauvaises langues racontent n’importe quoi, à tort ou à raison. Surtout que jusqu’à ce jour, personne n’est arrivé à identifier le véritable Pablo Escobar des îles à la tête de l’opération ? Autant de questions sans réponse méritent d’être prises en considération par les hautes autorités de l’Etat. Sinon, c’est tout le pays qui tombera sous la loi d’une équipe de gangsters capables d’acheter même les décideurs de haut niveau à partir des centaines de milliards obtenus « en douce » par des astuces procédurières et des fausses déclarations.

Noël Razafilahy

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