La Gazette de la grande ile

Le Commissaire Général de la Loi : Kotomandimby ihany no Alexis

Publié le 27 novembre 2021

Le samedi 30 octobre dernier, nous avions relayé un courrier des lecteurs « Rakotomandimby Benjamin Alexis, un commissaire général de la loi qui renie l’État de droit ». Nous avions eu la sensation que l’excès de pouvoir de celui qui était censé en être le censeur, était à son comble. Il n’en est rien. Les voix se sont déliées. Rakotomandimby Benjamin, actuel commissaire général de la loi, aime faire parler de lui et nous adapterons à son cas une expression assez célèbre : « Kotomandimby ihany no Alexis ! ». Fidèle à lui-même, il n’hésite pas à s’approprier les rênes et arcanes de la nomination aux hauts emplois de l’État, qu’il croit maîtriser. Fidèle malgré lui à son poste qu’il rêve depuis longtemps de quitter pour des fonctions plus glorieuses, il n’hésite pas en attendant à faire bénéficier les membres de sa famille de l’influence qu’il a auprès du Secrétaire Général Adjoint à la Présidence en la personne de Dina Andriamaholy. Il s’est servi de cette influence, dont il aime s’enorgueillir d’ailleurs, pour forcer l’élection en tant que membre de la Haute Cour Constitutionnelle de son épouse Christiane Rakotobe Andriamarojaona, à travers des consignes de votes très claires à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui donc, lui est Commissaire Général de la Loi et conseiller du Président de la République et sa femme, membre de la HCC. Il a également réussi à user de cette soif de grandeur, de puissance et de domination, en orchestrant une rotation entre les magistrats du siège et les magistrats du parquet du Conseil d’État. Résultat des courses : sa belle-sœur qui s’est illustrée dans une affaire de trafic d’influence et d’usurpation de titre auprès du Tribunal de première instance d’Antsirabe en 2018, dont beaucoup de ses collègues magistrats ont alors eu connaissance, mais l’affaire est vite passée sous silence, a été nommée Présidente de Chambre au Conseil d’État. Pour couronner le tout, le même Rakotomandimby Benjamin Alexis – qui aspire à se faire passer pour le digne remplaçant d’un ancien magistrat ayant traversé les périodes de l’histoire constitutionnelle et politique de Madagascar, le faiseur de rois Ratsirahonana Norbert Lala – frustré sûrement de ne pas avoir été nommé par le Président de la République à la Commission Électorale Nationale indépendante, tentera de faire un coup de force pour devenir le futur Président du Conseil d’État en ignorant totalement la liste de trois noms émanant du Conseil Supérieur de la Magistrature, mais sur laquelle « Kotomandimby ihany no Alexis » ne figure pas. Au final, à l’instar de beaucoup de politiciens véreux qui s’y appliquent habilement, les expressions « Intérêt général, bien commun, peuple malagasy, avenir commun, démocratie, État de droit, indépendance de la Justice, « crainte de Dieu » sont les vêtements de brebis dont se pare le loup ravisseur « Kotomandimby ihany no Alexis ». Les termes « crainte de Dieu », il les répète à chaque discours pour paradoxalement agir à l’extrême opposé dans ses actes de manipulation et il n’est pas le seul dans les hautes sphères du pouvoir à agir ainsi.

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