La Gazette de la grande ile

Projet de loi sur l’ITG : perdu dans un océan d’ignorance

Publié le 29 novembre 2021

Le projet de loi sur l’Interruption Thérapeutique ou Médicale de la Grossesse (ITG) proposé par la députée Masy Goulamaly Jeanne d’Arc élue à Tsiombehy, a créé la polémique dans l’île et semble actuellement oublié par les députés.

La semaine dernière, une commission de suivi a été mise en place avec quelques membres de la société civile afin de suivre de près le dossier de ce projet de loi que les députés ont peur de voter à cause de l’influence des religieux et autres ignorants utilisant la population comme pion en jouant sur leur sentiment.  Or, la différence entre interruption thérapeutique ou médicale de la grossesse (ITG) et interruption volontaire de la grossesse (IVG) est énorme.

L’interruption thérapeutique ou médicale de la grossesse se fait, comme son nom l’indique, pour un motif médical. C’est soit parce que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la mère, soit parce qu’il y a anomalie grave du fœtus. Dans les deux cas, la vie des deux individus concernés est mise en jeu. Si on n’interrompt pas la grossesse, soit la mère meurt, soit le bébé meurt ou naît avec un handicap sévère incurable qui nuira à sa vie. Cela peut-être physique ou mental ou les deux. Cela est en majeure partie dû à une fécondation par consanguinité. Cependant, il arrive également que deux personnes ne sont tout simplement pas compatibles génétiquement.

L’interruption « volontaire » est une autre chose. Dans ce cas, l’avortement est demandé par la femme ou par le couple ou par d’autres individus plus ou moins proches de la femme pour des raisons personnelles. Le fœtus est en bonne santé et la poursuite de la grossesse ne présente en aucun cas un danger pour la mère. L’Interruption Volontaire de la Grossesse n’a rien à voir avec l’Interruption Thérapeutique de la grossesse, objet du projet de loi proposé par Masy Goulamaly.

Pourtant, les ignorants chefs d’église et autres prétendus  « sages » du pays manipulent la population en véhiculant une mauvaise interprétation de ce projet de loi. Ils l’utilisent pour prêcher le soi-disant sens de la « morale » sans même savoir différencier l’ITG de l’IVG. En pratiquant l’ITG, on sauve la vie de deux personnes. On ne décide pas de « tuer », car le fœtus est déjà condamné. On décide plutôt de sauver la mère. Le projet de loi qui permettrait de sauver des vies et de réduire les complications liées au handicap se perd dans un océan d’ignorance. De plus, Madagascar étant un Etat laïc, toutes les prises de décision qui se font au niveau des dirigeants ne devraient pas être influencées par un ou des meneurs religieux. Eux-mêmes n’arrivent pas à gérer leur propre problème.

  1. B

Lire aussi