La Gazette de la grande ile

Edito : Faits obscurs

Publié le 29 novembre 2021

Après l’approbation par les  députés  de  Tsimbazaza de la Loi  de  Finances 2022, au  sein  de l’opinion divers  commentaires ont pris  corps pour l’agiter. Sans  trop  savoir les  détails des commentaires  y  afférents, des personnes au  courant  des  détails des  débats  dévoilent des  faits obscurs qui méritent  qu’on  en parle. A propos des  problèmes qui  touchent  directement la  vie  quotidienne des habitants comme les produits de première nécessité, surtout le riz  qui  est l’alimentation  de  base  de la majorité de la population, il est  pratiquement  acquis qu’aucune taxation n’a  été imposée à partir  de  ce  budget. Par  contre, malgré l’opposition manifestée en la matière par les opérateurs  du  secteur minier concernant l’exportation  de l’or, désormais les quantités collectées  destinées à la  commercialisation à  destination  de l’étranger feront l’objet  de taxes à percevoir pour le compte du Trésor Public.

Ces  deux  volets très importants de la vie nationale nous prouvent que plus  jamais les  faits  restés obscurs au détriment  de  tous les producteurs ne  seront  l’objet  de  sanctions préjudiciables pour les intérêts  de la production rizicole et les revenus  des pauvres  orpailleurs depuis longtemps exploités par les affairistes et les investisseurs qui envoient des lingots  d’or à  Dubaï et dans les paradis fiscaux. Alors que dans les pays  destinataires, des  tonnes et des tonnes  de  cette richesse non  renouvelable servent à enrichir la  balance  commerciale des nations concernées.  Ce  reflexe fiscal  de  l’Etat est une mesure  innovatrice qui n’est  en  réalité  que  début  d’une  nouvelle  vision de l’amélioration  de nos recettes budgétaires. Les  observateurs  signalent  également la  nécessité de voir  de près les  détails de nos  relations  avec les  grandes mines  comme QMM  et le Projet  d’Ambatovy. Malgré  toute son  autorité de  Chef  de gouvernement gestionnaire en  cumul du Ministère des Mines  et  des  Ressources  Stratégiques, le  Premier ministre  Christian  Ntsay n’a pas su prouver  jusqu’ici l’efficacité de  sa présence pour résoudre les problèmes susceptibles d’apporter un mieux  salutaire pour les intérêts  supérieurs  de la nation. Les données  budgétaires 2022 sont vides dans  ce sens.

A noter que les dossiers  relatifs à  ces  deux géants de l’exploitation minière restent et  demeurent des motifs  de  frictions réelles entre les habitants, l’Etat  et les intéressés. Les  deux parties ne  sont  guère très  communicatives sur la  situation ponctuelle des détails  des taxations  appliquées et des droits  déjà perçus par notre pays. A l’heure où les partenaires institutionnels  font preuve d’exigence  de principe  sur  certains  volets de notre partenariat, on ne  peut que  déplorer l’évidence de l’incompétence de Rindra H. RABARINIRINARISON, ministre de l’Economie et  des  Finances  qui visiblement  ne maîtrise guère  les  fonctionnements positifs de  ce  gigantesque  département. Elle n’a pas  su «prévoir» afin  d’administrer à  temps,  pour nous  épargner la honte d’une «notification de dépenses inéligibles ». Les « manquements  constatés » risquent de porter  atteinte  à « la poursuite de l’ensemble  des activités » indispensables au  développement du pays  dans les meilleures  conditions, en  tant  que  chef  de  file de la  gestion  financière  de la  République.

Noël Razafilahy

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