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Ravo Nambinina, le lanceur d’alerte : Condamnation dérisoire

Publié le 30 novembre 2021

Le verdict du tribunal correctionnel d’Antananarivo est tombé hier concernant l’affaire du lanceur d’alerte Ravo Nambinina Ramasomanana. Ce dernier a été condamné à un million d’Ariary d’amende pour diffamation à l’encontre de  l’Etat malagasy. Il a par contre été relaxé au bénéfice du doute sur le chef d’inculpation de trouble à l’ordre public.

A rappeler que Ravo Nambinina Ramasomanana a osé dénoncer les magouilles et les détournements de deniers publics au niveau du ministère de la santé publique durant la période de pandémie de Coronavirus. Au total, pas moins de 44 milliards d’Ariary auraient été détournés au niveau de ce ministère. Ravo Nambinina a même déposé une plainte au niveau du Pôle anti-corruption le 12 mai de cette année. Mais le lanceur d’alerte a également dénoncé ces pratiques malsaines au niveau du ministère de la santé avec preuves à l’appui, par le biais d’une vidéo publiée sur le réseau social facebook. Depuis, les acharnements contre Ravo Nambinina ne se sont plus arrêtés jusqu’à sa convocation au Toby Ratsimandrava, section cybercriminalité, le 15 juin.

En tout cas, ce jugement rendu par les juridictions malgaches témoigne une fois encore de l’intention des gouvernants malgaches de faire taire tous ceux qui osent dénoncer les détournements et les abus perpétrés par le régime. A préciser qu’aucune preuve n’a été apportée par l’Etat malgasy, ni même par le ministère de la santé publique pour contredire les dossiers et les chiffres publiés par le lanceur d’alerte sur les cas de détournement perpétré au niveau de ce ministère.

Chacun se demande ainsi sur quelle preuve s’est fondée la condamnation dérisoire à un million d’Ariary d’amende pour diffamation. La semaine dernière, des membres de la société civile ont encore réclamé l’abandon de la poursuite de Ravo Nambinina. Une demande qui s’est heurtée à l’indifférence des autorités malgaches. Une fois encore, la décision a été dénoncée comme une décision politique, et tous ceux qui dénoncent les abus des gouvernants risquent toujours la condamnation. Le but est de faire régner l’impunité au niveau des hauts fonctionnaires, des ministères et de l’instance dirigeante du pays.

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