La Gazette de la grande ile

Edito : Au détriment de la démocratie

Publié le 30 novembre 2021

Avant même que l’Occident et le  Nouveau Monde mettent  en pratique la démocratie, les tablettes  de l’histoire du monde confirment : « la démocratie est née à Athènes, puisqu’on doit aux Grecs de l’Antiquité d’avoir, les premiers, entamé une réflexion sur le pouvoir et l’autorité. La démocratie n’est donc pas, à proprement parler, une idée neuve. A la fin du 17ème siècle, John Locke a donné la première formulation cohérente de la démocratie moderne : la liberté est un droit naturel de l’homme, un gouvernement n’est légitime que s’il est fondé sur un contrat avec le peuple, le pouvoir de faire les lois et celui de les appliquer doivent être séparés.

Cette séparation des pouvoirs, réaffirmée au milieu du 18e siècle par Montesquieu, reste une des bases de la démocratie occidentale. La notion de souveraineté populaire fonde la plupart des systèmes politiques contemporains. » A Madagascar, sur  tout le  territoire  de l’île  dans  n’importe quelle tribu de l’île, même dans une  société dominée par une souveraineté monarchique, le pouvoir populaire a son mot à dire dans la conduite des  affaires  de l’Etat. Avec l’indépendance, notre pays adopte la notion de la légitimation d’un  système en tenant compte du contrat du peuple avec le pouvoir par le  biais d’une loi-cadre inspirée par une assemblée  constituante, origine des constitutions successives des années 70 jusqu’à la fin  de première décade de  ce nouveau  siècle. Puis,  au  fil  du  temps, la perception  de la  démocratie est  devenue pour  certains «une opportunité de  contester le  régime  en place » avec à la  clé l’occasion  de devenir automatiquement opposant sans le savoir. Une  véritable aberration…

Ces textes n’ont jamais  été respectés dans toute leur intégralité, et à  toutes les  occasions, nos partenaires avaient toujours quelque  chose à  dire de blâmable sur la pratique électorale de notre pays. Au mépris le plus total de notre  «souveraineté inaliénable, imprescriptible et illimitée,» l’ingérence étrangère s’exprime souvent  dans  des domaines électoraux et le  non-respect des libertés  jusqu’à se mêler de ce qui en principe, relève pleinement de nos droits  constitutionnels. Il y a intervention  abusive et intolérable de la part des pays  étrangers qui vont  jusqu’à  remettre en  cause d’une manière implicite «les  arrêts  et les  décisions » de la  Haute Cour  Constitutionnelle qui ne sont susceptibles  d’aucune  voie  de  recours. » Sur instigation des acteurs politiques animés par une arrière-pensée malveillante, et à la demande aussi des responsables étatiques contraints et forcés, «ce  droit  de  regard»  sur tout découle évidemment de cette mentalité d’assisté qui domine l’aide au  développement au profit de notre pays. L’amalgame ponctuel à  chaque occasion  électorale  et  autre relève purement  et simplement  d’une  intention de domination de l’étranger à peine  dissimulée. Le pire c’est bien  ce  qu’un collègue  dénonce, car on  voit  actuellement « que nous  ne  supportons pas la démocratie,  car  elle est devenue une  arme pour  détruire nos compatriotes(…) On se plaint que les différents dirigeants  successifs imposent une  certaine  forme  de dictature, mais que si cela peut instaurer la paix  et le  développement, on ne  voit pas où est le problème (…) on ne  voit  jamais  de positif dans les  actions  de  nos prochains. »

Noël Razafilahy

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