La Gazette de la grande ile

Union Européenne : Entre paternalisme et néocolonialisme (5ème partie)

Publié le 30 novembre 2021

Le 19 novembre dernier, les autorités malgaches et les représentants des délégations de l’Union Européenne se sont retrouvés au Palais d’Etat d’Iavoloha dans le cadre du 9ème Dialogue Politique. Comme à chaque rencontre, il a été question des relations politiques, économiques et commerciales, ainsi que de la coopération au développement.

L’accent a été mis sur les élections, comme en témoignent les quatre paragraphes consacrés à ce point dans le communiqué de presse conjoint. Ce communiqué annonce qu’« en mars 2022, l’Union Européenne souhaite réaliser une mission de suivi de la mission d’observation électorale qui a eu lieu pendant les élections présidentielles en 2018. L’objectif principal de la mission sera de discuter des recommandations faites par la mission 2018 dans son rapport final. » Ce paragraphe inspire des observations suivantes qui complètent les précédentes.

La démarche de l’Union Européenne est faussement préventive et compassionnelle. Elle joue la carte de l’infiltration insidieuse par la voie diplomatique pour préserver et accroître ses intérêts dans la Grande Ile. L’élan de générosité de l’Union Européenne dissimule mal la défense de ses intérêts et en particulier ceux de la France. Celle-ci, à partir du 1er janvier 2022, va assumer la présidence semestrielle du Conseil de l’Union Européenne. Il est évident qu’il faut voir la main de la France derrière l’offensive hégémonique de l’Union Européenne à Madagascar.

Face à la montée en puissance de la Russie, des Etats-Unis, de la Chine et de la Grande Bretagne à Madagascar, la France a besoin de reprendre des parts de marché en avançant masquée derrière le groupe des membres de l’Union Européenne. Celle-ci cherche à maintenir Madagascar dans un état d’infantilisation et dans une gangue d’immaturité pour permettre à la France de mieux piller les richesses naturelles de la Grande Ile. La France-Afrique ne s’est jamais interrompue. Elle repart de plus belle.

Pourtant, l’Union Européenne doit respecter le fait que la Grande Ile est à la fois une nation et un Etat. L’Union Européenne n’est pas la gardienne de la Constitution malgache. Elle est tout au plus un prêteur de deniers qui doit se limiter à l’obtention de garanties réelles. Elle outrepasse donc ses droits en nous maintenant dans un état de sujétion et en faisant la promotion d’un idéal démocratique dont elle prétend avoir le monopole. Madagascar se moque des observations de l’Union Européenne au sujet des élections présidentielles de 2018 (qui ont été organisées par le précédent régime) et n’a pas besoin de ses recommandations pour le scrutin de 2023. Les recommandations doivent émaner des Malgaches. Les autorités malgaches n’ont pas besoin de l’Union Européenne pour protéger l’intégrité électorale et construire une démocratie durable. Elles font des efforts considérables pour réviser les listes électorales, encadrer le financement des campagnes, favoriser l’égalité d’accès de tous les candidats aux médias et inciter la population à se rendre aux urnes.

Folojaona

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