La Gazette de la grande ile

Les premières priorités du gouvernement : Boire, manger et rester en bonne santé !

Publié le 01 décembre 2021

Le gouverneur de Boeny a annoncé la détection de trois nouveaux cas dans sa région. Il a de nouveau voulu rendre obligatoire les gestes barrières, mais regrette qu’aucun gendarme, ni élément des forces de l’ordre, n’est mobilisé pour obliger la population au respect des mesures sanitaires dans les endroits publics. Le gouverneur a tout à fait raison de s’inquiéter de la santé de ses administrés mais, sans une loi d’urgence sanitaire, les gendarmes n’ont aucune base légale pour sanctionner la non-application de ces mesures. Il faut féliciter ces gendarmes pour leur respect de la légalité.

Le monde entier est actuellement mobilisé sur la recrudescence du covid, notamment depuis la détection du nouveau variant Omicron. Madagascar est déjà classé par les Etats-Unis dans la catégorie rouge. Plusieurs de nos régions constatent de nombreux cas positifs et s’en inquiètent à juste titre. Mais le pouvoir central n’entend pas ces sonnettes d’alarmes et ne semble pas ressentir la même urgence. Il ne veut toujours pas écrire, ni faire adopter une vraie loi d’urgence sanitaire, permettant aux gouverneurs de prendre et faire appliquer les mesures barrières en fonction des réalités sanitaires locales à défaut de pouvoir faire vacciner massivement.

Quant à l’ouverture des frontières, aucune politique cohérente ! Si nous avons arrêté les vols en provenance de l’île Maurice, que comptons-nous faire concernant la Réunion et la France où les taux d’incidence pour 100 000 habitants sont pourtant respectivement de 244 et 271 et ne cessent d’augmenter, les amenant à prendre de nouvelles mesures de freinage. Le Maroc a par exemple suspendu tous les vols de et vers la France.

A moins que le gouvernement n’ait décidé une politique de « vivre avec le covid », auquel cas il faut le faire savoir à la population au lieu de continuer à tergiverser et de naviguer sans boussole.

Ceci illustre la complète déconnection du gouvernement des vraies priorités de la population, d’abord manger et rester en bonne santé.

Avec la pluie qui a tardé, nous craignons une baisse drastique de la production rizicole. Déjà cette année, le président a promis d’importer 20 bateaux de PPN pour ce dernier trimestre de l’année 2021. Combien de bateaux faudra-t-il alors l’année prochaine pour combler le gap de production ? Le gouvernement continuera-t-il à favoriser les paysans indiens et asiatiques en se contentant d’augmenter le tonnage importé, ce sans prendre aucune mesure pour augmenter la production rizicole dans les endroits qui n’ont pas de problèmes d’eau. Quelles incitations mettre en place pour mobiliser les paysans à s’adonner un peu plus à la riziculture, au lieu de concurrencer le riz local par les importations non taxées ? Pourquoi la SPM n’importe-t-elle pas des intrants ? Ne devrait-elle pas ensuite aller faire la collecte dans les zones reculées au lieu de se contenter de la solution de facilité des importations ? N’est-ce pas ce qui doit être la 1ère priorité ?

En fait, ce gouvernement semble désorienté tant tout semble prioritaire et il semble en être réduit à faire le pompier partout. Au point où une ministre a gagné le surnom de ministre kapoaka, et son successeur est en passe de vouloir également réguler le sac de charbon ! Tout ceci pour essayer de peser sur les prix du riz et du charbon !

De surcroît, on ne sait plus si nous sommes dans une économie libérale ou dans une économie administrée ?

On ne sait plus vraiment rien, puisque le gouvernement veut par exemple intervenir dans la fixation du tarif appliqué par les taxis brousse. Le ministre Tinoka Roberto a essayé de bloquer l’augmentation des tarifs, décidée par les coopératives, en créant une commission. Connaissait-il au moins l’existence de la Loi n°2004-053 du 28 janvier 2005 dont son article 9 : “les transporteurs, qu’ils soient organismes publics ou entreprises privées, sont libres d’appliquer leurs tarifs en fonction des conditions de la concurrence, de l’importance du chargement, de la destination de la marchandise, de la longueur du trajet, de la fidélité du client et de tout autre facteur commercial” ? Si le ministre veut mettre en place une autre politique, qu’il commence par faire changer cette Loi, au lieu de prendre une mesure arbitraire.

Boire, manger et rester en bonne santé selon le titre de cet article ! La population ne demande pour l’instant pas plus au gouvernement, la base de la pyramide de Maslow. Alors, de grâce, que tout le gouvernement ne s’éparpille pas et se concentre d’abord sur ces priorités !

La Gazette

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