La Gazette de la grande ile

Secteur privé : Délaissé par l’Etat !

Publié le 01 décembre 2021

Le secteur privé se trouve être le grand brûlé de la pandémie de Covid-19. En effet, un bon nombre d’entreprises ont dû cesser leurs activités et mettre au chômage des milliers d’employés. Jusqu’à présent, on n’a constaté aucun soutien concret de l’Etat au secteur privé, ce qui permet d’affirmer qu’il est délaissé par l’Etat. Par ailleurs, on ne consacre aucun budget dans la loi des finances pour appuyer le secteur. Pourtant, on ne peut pas se permettre de le négliger en vue de la relance économique. Le plus étonnant vient du fait que dans le projet de loi de finances 2022, on prévoit la suppression d’un certain nombre des avantages fiscaux et douaniers conférés au régime franc. On peut de ce fait envisager la disparition des zones franches. Il ne faut pas oublier que le régime de fiscalité préférentielle a été instauré à Madagascar il y a de cela 40 ans, dans le but d’attirer des investisseurs et ainsi créer de l’emploi dans le pays. Madagascar qui a plus que jamais besoin de créer des emplois, semble vouloir faire fuir les investisseurs au lieu de les attirer. Le président du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), Thierry Rajaona, a d’ailleurs émis son inquiétude à ce sujet lors d’une conférence de presse qui s’est tenue au Pavé à Antaninarenina, hier. Il n’a pas manqué de spécifier que son groupement a sollicité une loi de finances orientée vers une politique fiscale de relance, la réduction d’imposition et autres, ce qui n’a pas été pris en compte.

Et dire que le Président de la République a parlé d’absorber le chômage dans la Grande Ile alors que le projet de loi de finances 2022 sur les zones franches n’est pas pour rassurer ceux qui travaillent dans ce domaine. De plus, la zone franche représente dans les 150 000 emplois dans la Grande Ile. Il n’est point nécessaire de préciser que le retrait des zones franches signifie une hausse significative du chômage à Madagascar. Il est à noter qu’environ 250 entreprises bénéficient du régime zone franche à Madagascar. L’Etat malgache, au lieu de soutenir le secteur privé qui est garant de la relance économique à Madagascar, semble vouloir le mettre en difficulté, voire l’assassiner. Par-dessus le marché, la situation de la Covid-19 qui a de nouveau pris de l’ampleur avec une explosion de nouveaux cas, s’avère un mauvais signe en ce qui concerne la vie économique au pays. A mesure que la situation Covid-19  empire, l’Etat devra penser à prendre des mesures drastiques comme le retour en confinement.

Comme l’Etat n’a pas pensé soutenir le secteur privé, le GEM a pris l’initiative de mettre en place un « Basket Fund », l’année dernière. Il est question de collecter un fonds commun auprès des entreprises membres pour soutenir les travailleurs impactés  par la crise. Le résultat brut de l’opération est estimé à près de 430 millions d’ariary, répartis en dons, en numéraires, en  vivres… La zone de couverture du projet s’étendait sur 13 régions de Madagascar. Le projet en question a pris fin et le GEM a tenu à adresser ses remerciements aux entreprises membres et contributrices.

Jean Riana

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