La Gazette de la grande ile

150 millions d’ariary pour provoquer une pluie : Ce ne sont jamais une perte

Publié le 01 décembre 2021

Les pluies provoquées des quatre derniers jours de la semaine dernière ont eu un effet positif sur la vie de la population en général, notamment ceux qui en sont concernés de près. Les 11 groupes producteurs d’énergie de la station d’Andekaleka sont de nouveau opérationnels, ce qui assure une continuité de la distribution en électricité. Notons qu’avant ces pluies provoquées, seulement trois de ces groupes ont pu fournir de l’énergie. Les réserves d’eau de la centrale de Mandroseza sont également pleines. Il ne reste donc plus que les réparations du système de distribution et des pompages pour que les coupures d’eau à Antananarivo ne soient plus d’actualité. Madagascar est le premier pays au monde à subir directement les conséquences du dérèglement climatique, notamment sur le plan nutritionnel. Etant un pays composé à plus de 80% d’agriculteurs, Madagascar devrait être autonome sur le plan alimentaire. Pourtant, c’est le pays le plus touché par la famine. Le manque de pluie accentue ce problème et étend la famine vers les autres régions de l’île, auparavant épargnées. La région de l’Alaotra, grenier à riz de l’île, a déclaré une baisse de plus de 60% de la production rizicole pour la saison 2021-2022. La qualité du litchi a considérablement baissé et cela se voit sur les étals. Plusieurs tonnes ont même été rejetées par les opérateurs à Toamasina. Le manque d’eau affecte tous les aspects de la vie de la population. C’est l’essence même de la vie. Le manque d’eau a freiné tous les secteurs économiques. La baisse de production de chaque industrie, aussi bien les petitesque les moyennes entreprises, est due au manque d’énergie et d’eau, l’énergie étant en majorité produite par l’eau.

Le coût d’une provocation de pluie varie entre 20 à 150 millions d’ariary, selon les conditions. Pourtant, dépenser cet argent n’est jamais une perte pour le pays, par rapport par exemple aux 446 milliards d’ariaryprévus pour l’achat d’armes en Inde dans le projet de Loi de Finances 2022. Les conséquences d’une seule journée de pluie ont plus de valeur sur le plan global. L’amélioration de la production agricole, le bien-être des animaux de l’élevage, le fonctionnement des centrales hydroélectriques, l’approvisionnement des réserves d’eau, etc… engendrent un bénéfice économique largement élevépar rapport au coût de la provocation de pluie. Un expert en économie estime que

« la perte économique globale, tous secteurs confondus à Madagascar sur une semaine sans pluie, est environ d’un milliard d’ariary. En plus, cela engendre des conséquences à long terme, vu que toute la chaîne de production est freinée et que la population se rabat sur des alternatives destructrices de l’environnement pour survivre. ».

Les dépenses dans la provocation de pluies ne sont jamais une perte pour le pays. Le manque de pluie engendre des pertes plus conséquentes  à long terme, et la pauvreté du pays y est directement liée. La provocation de la pluie sur toute l’année devrait faire partie des priorités du régime. On devrait en profiter à chaque fois que les conditions sont réunies afin de relancer le cycle pluvieux à Madagascar.

  1. B

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