La Gazette de la grande ile

CVO : le remède ridicule n’intéresse plus

Publié le 03 décembre 2021

A moins de deux ans après la découverte du premier cas de coronavirus sur le sol malgache, ce virus continue de faire des victimes. Mais jusqu’à ce jour, aucun remède, ni médicament n’a encore été déclaré, ni prouvé scientifiquement comme étant curatif contre cette maladie. Mais fait étonnant pour Madagascar, c’est Andry Rajoelina, président de la république lui-même qui a annoncé le 20 avril 2020 à l’IMRA à Avarabohitra Itaosy, avoir découvert le remède du CVO, efficace pour guérir le coronavirus. Le président a même goûté une bonne gorgée de ce breuvage ce même jour et s’est vanté de son efficacité. Croyant aux dires d’Andry Rajoelina, des pays africains ont même fait des commandes de la décoction.

Mais un peu plus d’un an et demi après son lancement, le remède d’Andry Rajoelina n’intéresse quasiment plus personne. La situation de ces derniers jours le ridiculise. En effet, la population se fait carrément prier pour avaler le CVO. Des agents du ministère de la santé font actuellement un porte-à-porte pour distribuer le CVO. Fait étonnant, puisque si le CVO était réellement curatif, la population devrait se l’arracher. Le comble c’est que des habitants des districts d’Antananarivo renivohitra et Ambohidratrimo ont quasiment refusé de prendre le CVO malgré que ce dernier leur ait été apporté en main propre. En effet, ils ne croient plus à son pouvoir curatif.

A rappeler qu’au tout début de son lancement au mois d’avril 2020, la population a fait la queue pendant plusieurs heures pour en obtenir quelques centilitres. Après avoir découvert son inefficacité, personne ne s’y est plus intéressé. La plupart regrette même d’avoir déboursé plus de 1500 Ariary pour une bouteille de CVO à l’époque. A noter que le Professeur Jean Adolphe Randriantsoa, directeur général de l’IMRA, un de ceux qui ont découvert le CVO, a été emporté par le Coronavirus.

Pour beaucoup la distribution du CVO par porte-à-porte sert surtout à liquider les stocks non épuisés de l’année dernière. Cette vaste campagne de déstocage présente ainsi un certain risque, car la distribution de CVO périmé est à craindre.

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