La Gazette de la grande ile

Ravo Ramasomanana : Quelle diffamation envers l’Etat ?

Publié le 04 décembre 2021

Ravo Ramasomanana a informé le public, à travers sa page facebook et en pleine période de Covid, des cas de détournement de fonds et de corruption au sein du ministère de la santé publique. Par la vidéo qu’il a faite, tous ceux qui ont eu accès à facebook et internet ont pris connaissance de ces faits, sûrement connus du personnel du ministère de la santé publique. Tous ceux qui ont accès à Internet ont pris connaissance de ce fameux centre de transplantation rénale,  tous ceux qui ont pu avoir accès à sa vidéo ont pu découvrir les faces cachées du ministère de la santé et certainement aussi d’autres ministères. Ravo Ramasomanana a saisi le Bianco à qui il a apporté sur un plateau doré des éléments de preuve pour permettre au Bianco de rajouter aussi d’autres éléments à son rapport.  Pour tous ceux qui ont suivi l’affaire, il est clair que si Ravo Ramasomanana a fait cela, c’est parce qu’il avait les preuves pour étayer ses dires et contrairement à d’autres agents de la fonction publique ou des hauts responsables dans les administrations qui dénoncent en privé, mais pas en public pour ne pas perdre les avantages liés à la fonction comme le carburant,  les indemnités,  les voitures… Ravo Ramasomanana a osé. L’Etat s’est alors permis de porter plainte contre lui.  On se souvient même que lors du rassemblement de la diaspora à l’ambassade de Madagascar à Paris, le frère de Ravo Ramasomanana a interpellé le Chef de l’Etat par rapport au cas de Ravo Ramasomanana, ce à quoi le Chef de l’Etat a répondu, vidéo à l’appui : “faisons la fête d’abord ! Poursuivons la fête d’abord!”. Devant la justice,  Ravo Ramasomanana a été accusé “d’actes de nature à compromettre la sécurité publique, à occasionner des troubles politiques graves, à provoquer la haine du gouvernement”. La haine du gouvernement, beaucoup la ressentent depuis longtemps avant même que Ravo Ramasomanana n’ait fait sa vidéo. Ravo Ramasomanana n’a fait que montrer à tous ce qu’est le courage d’agir pour l’intérêt commun. Il a démontré qu’il faut démontrer, preuves à l’appui, la véracité de ce qu’on avance. La famille de Ravo Ramasomanana aura toujours de quoi être fière de lui. Il a osé et il a osé non pas dans son intérêt personnel, mais dans l’intérêt de tous, pour que ceux qui ont la mauvaise habitude de faire des malversations, réfléchissent un peu en pensant qu’il y a peut-être un Ravo Ramasomanana dans leur département ministériel. La justice s’est prononcée et a relaxé Ravo Ramasomanana au bénéfice du doute quant à l’accusation de troubles à la sécurité publique. Par contre, elle a condamné Ravo Ramasomanana à une peine d’amende pour diffamation. Quelle diffamation ? Il aurait donc fallu qu’il ne dise rien, qu’il ne porte pas l’affaire sur la place publique pour ménager “l’honneur” du ministère de la santé ou de l’Etat ? Mais quel honneur ? Un regard objectif, sans complaisance,  permet de dire que cela fait un moment que le régime se fourvoie dans ses contradictions,  que des responsables disent une chose et son contraire,  que les malversations sont portées sur la place publique, mais laissées sans suite pour ne citer que l’affaire SMMC, que des responsables ont perdu leur honneur depuis des lustres… Ou fallait-il absolument condamner Ravo Ramasomanana pour que ceux qui ont des preuves de mauvaise gestion ne disent rien et finalement, laisser ce rôle par exemple à la Banque Mondiale, tel que cette dernière a fait avec les dépenses inéligibles ou aux autres partenaires techniques et financiers ? Les interpellations sont donc mieux acceptées par l’Etat quand elles viennent des partenaires techniques et financiers. Eux ont raison de le faire, car ils donnent l’argent, mais les “Ravo Ramasomanana” ne devraient rien dire, car “Tsy volan’ny Babanao? “. On continue ainsi de voir tout ce qu’on n’a pas vu en 60 ans!

La Gazette

Lire aussi