La Gazette de la grande ile

Edito : L’arbre qui cache la forêt

Publié le 06 décembre 2021

Il n’est pas nécessaire d’être un observateur hors pair pour comprendre que le contour de ce procès qui se déroulera ce jour à Anosy, n’est que la partie visible d’un énorme iceberg, lequel on ne sait quel génie de la manipulation politicienne veut faire gober aux institutions et à tout un peuple. Le panorama médiatique tout  entier avait accueilli l’évènement avec une telle crédulité que tout le monde est tombé dans les pièges d’un buzz aussi sensationnel que déroutant avec comme pièces à  conviction, une somme de 200.000 Euros en coupures et un fusil à pompe… Une fois qu’on a tous avalé la couleuvre, il est hors de question pour le public de songer un seul instant «aux intérêts économiques et commerciaux en jeu…». Seul un analyste lucide y a fait allusion sans que personne ne daigne tenir compte de la clairvoyance de son constat. Cerise sur le gâteau, les contraintes et les calculs politiques ambiants à l’approche de l’échéance de 2023…

Pour Olivier Caslin de Jeune Afrique, le remaniement du 15 août dernier était fort révélateur sur la détermination d’Andry Rajoelina, «excédé contre les défaillances» de certains membres de gouvernement qui «n’assurent pas la tâche qui leur a été confiée. » Le Chef d’Etat décide de s’entourer «d’une équipe de combat». Selon la même source toujours, ce jour-là déjà «plus que la  simple  refonte dont avait parlé les observateurs politiques malgaches, le gouvernement a fait l’objet  d’un  chambardement » qui, force est de  le reconnaître, risque fort de s’aggraver. Lorsque « Christian Ntsay conserve son poste de Premier ministre qu’il occupe depuis 2018 » tout en assurant le cumul du département des Mines et des Ressources  Stratégiques, il n’arrive pas à prouver son efficacité dans la  conduite des  affaires de l’Etat en  général (lutte contre l’insécurité, dysfonctionnements administratifs  et  financiers avérés)… Pendant que l’équipe gouvernementale s’embourbe dans un amateurisme aggravé par le penchant pour des copinages affairistes (sur les prix du  riz, de l’huile et les autres denrées et produits de première nécessité) au  détriment du panier de la ménagère et du pouvoir  d’achat de la masse, certaines femmes ministres s’insultent entre elles en public ou s’adonnent à des perversions adultérines scandaleuses… Passons !

Aujourd’hui, des officiers militaires et des civils inculpés dans le dossier de l’affaire Apollo 21, seront jugés par la Cour Criminelle d’Antananarivo, tous conscients de leur part de responsabilité dans les rôles pour lesquels ils étaient suspectés dans cette farce grandiose qu’est la comédie du pouvoir. Avec l’obligation «de dire la vérité», mais aussi le droit «de ne dire rien de la vérité ». Voilà pourquoi jusqu’au moment où la Justice prononcera le verdict, la presse ferait mieux de se cantonner dans la position attentiste de «se taire». Pour éviter de se fourvoyer dans des approches concernant toute une forêt de réalités (cachées que personne n’ose dévoiler au grand jour pour le moment). Tout y est : les combines mafieuses et le favoritisme en particulier sur le dossier Madagascar Oil et les recherches pétrolières.

Noël Razafilahy

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