La Gazette de la grande ile

Protection de l’enfant en ligne : Entre théorie et pratique

Publié le 07 décembre 2021

Une table ronde portant sur les “Droits de l’enfant,  Internet et Violences en ligne” a eu lieu le jeudi 2 décembre dernier à la Faculté de Droit et des sciences politiques de l’université d’Antananarivo, dans un amphi plein à craquer. Le passage entre ce que disent les textes et ce qui se passe sur le terrain a été mis en exergue par des professionnels en la matière.  Est intervenue au cours de la table ronde une enseignante en droits de l’enfant,  madame le Professeur Faratiana Esoavelomandroso qui a décrit le contexte général des droits de l’enfant, du droit à l’information des enfants à travers internet,  des dangers auxquels les enfants sont exposés en ligne, ainsi que de la responsabilité des adultes et particulièrement des parents qui peuvent mettre en danger les enfants à travers le partage des photos de leurs enfants sur les réseaux sociaux. Cette intervention a été suivie de celle de monsieur le Professeur Riaka Rakotobe, enseignant en cybercriminalité au sein de la Faculté de Droit et Sciences Politiques, lequel a dressé le cadrage au niveau international,  régional et national de la lutte contre la cybercriminalité et les différentes réglementations à connaître pour mieux agir en faveur de l’enfant. Sont intervenus par la suite des responsables au sein du ministère de la Population, notamment monsieur Thierry Andriamananjara, chef de service de la protection de l’enfance et madame Julia Raymonde Sasembo, administrateur du site Arozaza, lesquels ont présenté un cadrage général du ministère de la Population et plus particulièrement du rôle de ce dernier dans la protection de l’enfance, ainsi qu’une présentation du site de signalement Arozaza. A noter que Madagascar fait partie du programme mondial Internet Watch Fondation. Le commissaire Hassan Mouigni,  figure longtemps incontournable en matière de protection de l’enfant et aujourd’hui en matière de lutte contre la cybercriminalité, est intervenu en expliquant comment le service traite les signalements des violences en ligne dont les enfants sont victimes tout en mettant l’accent sur la prudence et la sensibilisation. Son intervention a été suivie de celle de la coordinatrice de la Plateforme de la Société Civile pour l’enfance (PFSCE),  madame Adèle Ramamonjisoa qui a expliqué le rôle de la PFSCE dans le respect des droits et de la protection de l’enfant à Madagascar ainsi que les actions de la PFSCE. La dernière intervention a été celle de monsieur Toky Nirina Rakotoarimanana, formateur-éducateur au sein d’ECPAT France Madagascar. Il a présenté les résultats d’une récente étude sur internet et les enfants et surtout sur les chiffres des violences sexuelles en ligne dont sont victimes des enfants à Madagascar. Avoir une telle variété de spécialistes comme panélistes était une chance unique pour le public, non pas simplement d’apprendre les droits de l’enfant, mais aussi et surtout d’être sensibilisés à cette question des violences en ligne dont sont victimes les enfants.

Toky Berado

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