La Gazette de la grande ile

Scandales de corruption en France (1ère partie)

Publié le 07 décembre 2021

Madagascar est régulièrement pointée du doigt pour la corruption endémique qui y règne. La corruption et ses notions voisines (trafic d’influence, blanchiment, détournements de deniers publics, prise illégale d’intérêts…) prédominent dans la Grande Ile. Toutefois, celle-ci n’a pas le monopole de la corruption. Aucun pays n’échappe à ce phénomène qui varie selon les lieux et les époques. Il existe de nombreux faits de corruption en France qui est pourtant si prompte à donner à des leçons aux pays africains sur le sujet. Pour contrebalancer cette injustice dans le traitement de l’information, nous publions à partir d’aujourd’hui la première partie d’une longue série d’articles consacrés à des scandales de corruption en France.

L’affaire dite « Carrefour du Développement » est une illustration de la corruption en France. Entre 1982 et 1986, pendant le mandat du Président François Mitterand, Christian Nucci est Ministre délégué à la Coopération et au Développement. En 1986, Christian Nucci est inculpé de faux en écritures publiques et privées et de détournements de fonds publics commis en 1984. Les fonds publics, destinés à l’organisation d’un sommet international, ont été détournés par une association dénommée « Carrefour du Développement »

(dont le trésorier de cette association n’était autre que Yves Charlier, alors Chef de Cabinet de Christian Nucci). Les fonds publics détournés ont servi à financer la campagne de Christian Nucci qui envisageait d’être élu député de l’Isère. En sa qualité de Ministre, Christian Nucci est alors mis en accusation devant la Haute Cour mais il bénéficie d’une amnistie pénale en 1990. Toutefois, la procédure ne s’arrête pas là. En 1996, Christian Nucci est condamné à payer une amende de 600.000 francs et en 1999 à payer plus de 20 millions de francs, conjointement et solidairement avec ses complices.

On retiendra au moins de deux choses de ce scandale politico-financier. D’une part, la procédure judiciaire dans l’affaire dite « Carrefour du Développement » a duré plus de quinze ans. Par conséquent, la France n’a pas de leçon à donner à propos de la lenteur judiciaire qui règne à Madagascar. D’autre part, si un Ministre malgache condamné pour détournements de deniers publics, bénéficiait d’une amnistie, les médias français à la solde de l’Elysée et la société malgache n’hésiteraient pas à dénoncer la collision entre la politique et la justice.

Ranary et Folojaona

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