La Gazette de la grande ile

Armes à feu : La détention illégale acceptée

Publié le 17 décembre 2021

Madagascar entame une troisième année avec un mois dédié à l’opération « amnistie des armes ». Pour cette année, le mois de l’amnistie des armes a débuté le 16 novembre dernier et devant prendre fin le 15 décembre. Mais d’après le communiqué du ministère de la défense, un délai supplémentaire a été accordé. Ceux qui sont en possession illégale d’armes auront encore jusqu’au 30 décembre pour les remettre aux autorités. Durant ce délai, aucune poursuite judiciaire ne sera engagée contre tous ceux qui coopèrent à rendre volontairement leurs armes détenues illégalement.

A rappeler que ce n’est pas la première fois que le gouvernement malagasy, en coopération avec l’Union Africaine, organise l’amnistie des armes. En 2018, plus de 800 armes à feu illégales ont été restituées auprès des autorités. Ces armes ont tout de suite été détruites devant l’hôtel de ville de la commune urbaine d’Antananarivo. En 2020, près du double ont été collectées. 1400 armes à feu, dont la plupart étaient saisies durant l’opération anti-dahalo FDS (Force de défense et de sécurité) ont été collectées. Cette année, depuis le 16 novembre jusqu’au 15 décembre, 610 armes ont été restituées volontairement sur l’ensemble du territoire. Un chiffre qui sera certainement révisé à la hausse en raison du délai suplémentaire accordé par le ministère de la défense nationale.

Mais la fréquence de l’opération « amnistie des armes » pousse à se poser des questions. En effet, si chacun pensaient que cette opération n’était prise qu’à titre exceptionnel, c’est pratiquement devenu habituel en ce moment. Trop habituel même qui aura certainement pour effet d’encourager, voire d’accepter la détention illégale d’armes dans le pays. Des malfaiteurs  ne se soucieront plus de garder des armes chez eux en prévision d’une nouvelle opération d’amnistie des armes qui leur permettra de restituer impunément leurs armes détenues illégalement.

« Patsa fotsy » (Andry Andriatongarivo), le mari de « Mama sôsy » (Lalatiana Rakotondrazafy) figure certainement dans la liste des détenteurs illégaux d’armes bénéficiant de l’impunité créée par l’opération « amnistie des armes ». A rappeler que «Patsa fotsy » détient encore d’autres armes à feu qu’il n’a pas encore remis aux autorités. Prise de jalousie, ce dernier a utilisé ces armes pour poursuivre son amant Saida jusqu’à Ambatobe. Pour éviter de telle impunité, les autorités doivent absolument s’en remettre à la répression de la détention illégale d’armes. D’autant plus que la détention illégale d’armes figure à la première liste des causes de décès survenus à la suite des attaques des bandits.

La Gazette

Lire aussi