La Gazette de la grande ile

Edito : Fin d’année au goût amer

Publié le 31 décembre 2021

Souvent l’euphorie est au rendez vous pour les fins d’année : envie de retrouver la grande famille ou les amis, discuter des heures durant, boire, manger, chanter, danser sans forcément aller dans ces immenses espaces de fête où beaucoup y vont pour être vus. Cette année les fêtes de fin d’année ont un goût amer : angoisse au ventre car Coronavirus est là et on ne sait plus si on nous dit tout sur quel variant il s’agit, les ambulances sillonnent un certain nombre de grandes villes et leurs sirènes sont devenues les “sons” que l’on entend, les photos de profil noires sur les réseaux sociaux annoncent les successions de décès comme au mois d’avril-mai de cette année où comme au mois de juillet de 2020, le naufrage du bateau Francia fait froid dans le dos quand on imagine toutes ces familles endeuillées qui pensaient encore pouvoir passer la fin d’année ensemble, le crash de l’hélicoptère qui a fait deux morts, de personnes qui certes ont pris un engagement pour la patrie mais qui seraient restées chez elle s’il n’y avait pas des irresponsables comme le capitaine du navire. La fin d’année est plus que morose. Non seulement la peur du Coronavirus empêche les regroupements de personnes, même si les autorités trouvent l’idée lumineuse d’organiser encore des fêtes avec jeux de lumières, mais l’inflation est telle que même acheter du riz et éventuellement quelques morceaux de viande est inimaginable pour la plupart des ménages. Le paradoxe et la fracture sociale font que pour d’autres caviar, saumon, foie gras, champagne, truffes et autres mets qui coûtent chers inondent les joyeuses tables, la fête est au rendez vous avec ou sans hypocrisie,  les jeux de lumières, la danse et la musique également et pourtant COVID est là. Si pour certains le cœur est à la fête avec ou sans festivités, pour d’autres la fin d’année est triste pour raisons financières, mais aussi et surtout parce que le vide est immense… un vide que rien ne peut combler.

Claude Rakele

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