La Gazette de la grande ile

EDITO : Etrange stratégie de lutte contre le Coronavirus

Publié le 17 janvier 2022

La vaccination anti-covid a traversé des tempêtes à Madagascar et dans d’autres pays, mais à Madagascar, le vaccin a subi les critiques des autorités étatiques avec à sa tête le chef de l’Etat avant que des responsables étatiques, presque six mois après, se mettent à faire l’éloge de la vaccination.

Madagascar fait partie de ces pays qui ont cherché à trouver des solutions pour lutter contre le Coronavirus. En un temps record, grâce à Johana, le Président de la République a lancé le CVO et inauguré l’usine Phramalagasy producteur du CVO+. Madagascar a envoyé du CVO dans différents pays d’Afrique sans que cela n’ait été suivi de commande. La manière dont le CVO avait été lancé était une des pires communications que ce régime ait faite : trop rapide, sans essai clinique pour un tambavy imposé à des enfants à l’école et un Président qui dit si vous ne voulez pas que vos enfants en prennent, ne les envoyez pas à l’école. Le CVO a longtemps été tristement assimilé à cela : rien de scientifique et imposé à des enfants. Puis, il y a eu la production du CVO+ mais toujours étiqueté du CVO. Le CVO étant lancé par le Président de la République comme le remède qui allait sauver l’humanité et qui ferait que les yeux du monde entier se tournent vers Madagascar, il a eu le malheur de dire publiquement qu’il ne s’est pas fait vacciner et qu’il se protège par la prise de CVO. Le ton est donné ! Pour beaucoup, si même le Président de la République ne se fait pas vacciner, selon ce qu’il dit, c’est qu’il ne faut pas avoir confiance au vaccin, surtout quand Lalatiana avait fait le procès de l’Astrazeneca.

Aujourd’hui, des responsables, divers et variés, prônent la vaccination pour ne citer que la Présidente de l’Assemblée Nationale institution représentante de la population. Madagascar n’a rien déboursé pour avoir ces vaccins. Des dons non remboursables pas comme pour le téléphérique. Madagascar reçoit des doses de Covishield, la ministre de la communication qui n’a aucune connaissance en santé publique, critique le Covishield et annonce qu’il y aura des cas de thrombose. Des doses de Covishield ont dû être détruites. Un pays qui reçoit des dons de vaccins et qui détruit par la suite les vaccins, c’est le monde à l’envers. Au même moment, des gens se mettent à dire que c’est le Janssen qui est mieux, juste parce que c’est déjà lancé ailleurs et on veut toujours ce que l’on n’a pas ; puis que c’est le Pfizer qui est mieux tant que ces vaccins n’étaient pas arrivés à Madagascar, parce qu’on veut toujours avoir ce qu’on n’a pas. Puis aujourd’hui, tout est là : le CVO+, les différents vaccins et une autre vague de Coronavirus toujours meurtrière. En face, les masques sont sur le menton, le Chef de l’Etat ne porte pas de masque, les rassemblements de personnes qui sont interdits sont provoqués par des personnes qui ont des responsabilités dans le pays et les vaccinodromes attendent des volontaires, car étaient seulement ouverts aux non vaccinés. Ceux qui ne se sont pas fait vacciner dès le début de la campagne ne seront pas majoritairement motivés à se faire vacciner aujourd’hui, ceux qui étaient déjà vaccinés qui voulaient des doses boost étaient refoulés jusqu’à à partir de cette semaine, puisque désormais, il est possible de se faire vacciner pour des doses boost. Même si la vaccination demeure un choix, il est bon que ceux qui critiquaient la vaccination, mais qui se sont fait vacciner en douce, et ils sont nombreux ainsi, agissent de manière intelligente pour sensibiliser les gens et admettre qu’ils ont eu tort de diaboliser ainsi les vaccins. Le vaccin reste un choix, le CVO+ reste un choix, il relève de la responsabilité des scientifiques, de ceux qui savent de sensibiliser. Les plus grandes erreurs dans cette stratégie de lutte contre le Coronavirus est le toast porté avec des bouteilles de CVO à l’IMRA ainsi que la présentation insistante par des responsables politiques des risques de thrombose avec les vaccins. Aujourd’hui, la plus grande erreur est le rassemblement de personnes et le non port de masque par les responsables politiques qui semblent ne pas toujours savoir que l’exemple vient d’en haut.

La Rédaction

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