La Gazette de la grande ile

Trafic d’or : Briser la chaîne de la mafia

Publié le 17 janvier 2022

Azaly Failaza Pacheco et Pierre Stenny ont été récemment extradés à Madagascar grâce à la pugnacité du Ministre malgache de la Justice. Les deux lascars font partie des fraudeurs qui ont été appréhendés aux Comores avec 50 kilos d’or exportés illégalement en décembre 2021. Déjà impliqués dans le trafic des 73,5 kilos découverts en décembre 2020 en Afrique du Sud, ces deux individus faisaient l’objet d’un avis de recherche émis en janvier 2021 par le service des fichiers et des rapprochements judiciaires relevant du commandement de la gendarmerie nationale.

Comment ces malfaiteurs ont-ils pu faire, non pas un seul va-et-vient entre Madagascar et les Comores, mais de nombreux allers-retours alors qu’ils étaient recherchés ? La question est légitime. Il y a toute une chaîne de responsabilité à établir afin de déterminer les complicités. Il faut briser cette chaîne de la mafia de l’or.

Lorsqu’on évalue l’équipe et la logistique à mettre en place pour la réalisation d’une exportation illicite d’or, on se dit que l’opération doit être extrêmement coûteuse. On se demande si l’exportation légale d’une cargaison d’or ne serait pas plus économique et moins risquée qu’une expédition illicite et semée d’embûches. Cette interrogation se heurte à deux arguments.

Premièrement, étant donné que le prix de revient du lingot d’or exporté illégalement est supérieur à son cours mondial, il est évident qu’il s’agit d’une opération de blanchiment d’argent. Deuxièmement, la suspension des autorisations d’exportation d’or favorise les trafics.

Pour réduire les trafics d’or trop répétitifs, à défaut de les anéantir, il faudrait peut-être trouver un équilibre entre d’une part, la facilitation de la vente d’or auprès de la Banky Foiben’i Madagasikara et d’autre part, la reprise des autorisations d’exportation d’or. En attendant, il faudra continuer à renforcer les contrôles aux frontières et peut-être entamer des discussions avec les autorités politiques et judiciaires de Dubaï.

  1. GASPARD

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