La Gazette de la grande ile

L’eau potable, 2ème cauchemar de Rajoelina (2ème partie) : Protéger l’Ikopa dès maintenant

Publié le 21 janvier 2022

Avec les inondations, l’approvisionnement en eau potable est le cauchemar de Rajoelina. Le problème d’approvisionnement en eau potable de la capitale n’a jamais été aussi criant qu’actuellement et devient un souci majeur tant au sein de la population que des dirigeants. Cela n’est jamais effectivement arrivé depuis 60 ans : faire faire quotidiennement la queue aux bidons jaunes pour quelques litres d’eau ! Puis à peine quelques semaines après, trop d’eau ! Comme le proverbe malagasy « Miala an’Ankatso dia Ambohidempona » ou sa version française « tomber de Charybde en Scylla ».

Nous profanes laisserons de côté l’ésotérisme des dadarabe et de ceux qui croient dur comme fer que tout ceci devait arriver du fait de la sacralité des velirano qui n’ont pas été tenus.

Lors du petit-déjeuner avec la presse, le Président de la République a abordé ce problème d’approvisionnement en eau potable et annoncé un début de solution à terme : l’inauguration prochaine d’une station de traitement d’eau Mandroseza II bis d’une capacité journalière de 40 000 m3 qui s’ajoutera à la production actuelle de

190 000 m3, alors que les besoins quotidiens s’élèvent à 300 000 m3. D’où encore une production supplémentaire de 70 000 m3 à trouver.

Le projet Tana water III financé par l’Union européenne prévoit la construction de nouvelles stations de traitement de 30 000 m3 chacune à Ankadindratombo et Ambohitrimanjaka. Il financera également le remplacement de 44 km de conduites dans le centre de la capitale, ainsi que la pose de 135 km de nouvelles conduites. Une cinquantaine de forages dans le Grand Tana sont censés compléter le dispositif. Ce projet prendra encore quelques années malheureusement, mais au moins les Antananariviens peuvent espérer voir le bout du tunnel.

Protéger la source

Le lac de Mandroseza d’un volume de 800 000 m3 est alimenté principalement par l’IKOPA et ses affluents, le lac de Mantasoa et Tsiazompaniry, et il paraît crucial de prévoir dès maintenant sa préservation de l’envasement. Ainsi, la protection par la reforestation des bassins versants de ces lacs et des cours d’eau Ikopa, Mamba, Andromba, Varahina paraît primordiale. Il est plus que temps de s’en préoccuper et d’instaurer très rapidement un périmètre de protection d’au minimum 10 mètres sur les deux rives de l’IKOPA. Certes, les expropriations même pour utilité publique ne sont jamais très populaires mais le gouvernement doit en avoir le courage. Notamment le président notre « leader bien aimé » qui s’est qualifié de VISIONNAIRE, car il s’agit tout simplement de la survie de la capitale. Un programme de reforestation plus qu’utile en ce jour où le gouvernement commence la campagne nationale de reboisement.

Enfin, il ne faut pas oublier que la centrale hydroélectrique de Farahantsana prévue démarrer incessamment et être raccordée au réseau interconnecté d’Antananarivo est également alimentée par l’IKOPA.

Coopération avec l’Union européenne

Le Chef de l’Etat s’est plaint par ailleurs de l’extrême lenteur des procédures pour le démarrage des projets financés par l’Union européenne comme le projet Tana water III ou de la réhabilitation de la partie de la RN13 située entre Taolagnaro et Ambovombe. C’est d’ailleurs la raison invoquée pour le non démarrage de cette réhabilitation en 2021 comme il l’avait promis.

Cette lenteur des procédures est-elle incontournable ou plutôt est-ce une mesure de rétorsion de l’union européenne qui la freine, faute par l’Etat Malagasy de conclure jusqu’ici les négociations sur la pêche ? Il est permis de se poser cette question.

Cependant, notre Chef suprême des armées récidive encore et fait la promesse de démarrer en 2022 les travaux de l’autoroute Antananarivo/Toamasina, sans aucune précision quant à son financement. Une annonce de plus disent les opérateurs économiques, blasés et sceptiques qui ne lui en demandent pourtant pas autant ! Ni la fameuse route du soleil de plus de 700km entre Maroantsetra et Mananjary, ni l’impossible !  Leur première priorité c’est simplement la réhabilitation rapide des routes nationales structurantes, notamment la RN2 un axe vital pour l’économie. A ce sujet, la RN7 risque d’être bientôt coupée au PK 100 si des travaux de réhabilitation ne sont pas rapidement entrepris

La Gazette

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