La Gazette de la grande ile

Scandales de corruption en France (10ème partie)

Publié le 21 janvier 2022

Madagascar est régulièrement pointée du doigt pour la corruption endémique qui y règne. La corruption et ses notions voisines (trafic d’influence, blanchiment, détournements de deniers publics, prise illégale d’intérêts…) prédominent dans la Grande Ile. Toutefois, celle-ci n’a pas le monopole de la corruption. Aucun pays n’échappe à ce phénomène qui varie selon les lieux et les époques. Il existe de nombreux faits de corruption en France qui est pourtant si prompte à donner à des leçons aux pays africains sur le sujet. Pour contrebalancer cette injustice dans le traitement de l’information, nous publions aujourd’hui la dixième partie d’une longue série d’articles consacrés à des scandales de corruption en France.

Aujourd’hui, nous mettrons un coup de projecteur sur le groupe Lafarge. Cette entreprise française a été le leader mondial sur le marché du ciment entre 1883 et 2015, date à laquelle elle a fusionné avec le cimentier suisse Holcim.

Le groupe Lafarge est un des fleurons de l’industrie française. Il a volontiers abusé de sa puissance financière et de ses relations politiques haut placées pour violer la loi.

Le groupe Lafarge a été condamné en 2003 en Allemagne, en 2007 en France et en 2012 en Afrique du Sud, dans le cadre de différents scandales portant sur des ententes illicites et des participations à un cartel.

Le groupe Lafarge a également été condamné pour pollution environnementale en 2011 aux Etats-Unis et en 2013 en Slovénie.

Il y a plus grave. En 2016, le groupe Lafarge fait l’objet de poursuites judiciaires pour financement du terrorisme et complicité de crimes contre l’humanité. Il lui est reproché d’une part, d’avoir financé des membres de l’organisation de l’Etat islamique en Syrie entre 2013 et 2014 et d’autre part, d’avoir enfreint les sanctions de l’Union Européenne contre le pouvoir de Bachar el Assad.

Pour se disculper, des responsables du groupe Lafarge soutiennent avoir agi avec l’autorisation du Ministère français des Affaires Etrangères et de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (services de

renseignements français). Pourtant, ils sont lâchés par l’Elysée. Plusieurs directeurs du groupe Lafarge, et le groupe Lafarge lui-même, sont mis en examen pour financement d’une entreprise terroriste, mise en danger de la vie d’autrui, violation d’un embargo, complicité de crimes contre l’humanité. La justice suit son cours.

Cette affaire met en évidence les liens étroits entre le monde des affaires et la sphère politique. Après avoir agi en toute impunité pendant des décennies, le groupe Lafarge paie à la fois ses excès et ses insuffisances. Il est sacrifié sur l’autel de la lutte contre la corruption.

Ranary et Folojaona

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