La Gazette de la grande ile

Office du Baccalauréat Antananarivo : Disfonctionnement qui ne dit pas son nom

Publié le 22 janvier 2022

Le mode d’organisation et de fonctionnement de l’institution est à craindre comme pas possible !

Rappelons-nous que récemment, le pouvoir Exécutif a adopté des décisions concernant l’interdiction de tout évènement réunissant plus de 100 personnes dans les endroits en plein air, ainsi que l’obligation pour les différents établissements de respecter toutes les mesures nécessaires pour prévenir les risques de propagation de la pandémie du covid-19. Et comme de telles décisions sont censées être exécutées dans l’immédiat, de nombreux établissements, publics ou privés, ont pris toutes sortes de mesures pour que la lutte contre la crise sanitaire se déroule comme il faut. Certains établissements scolaires ont dû reporter leur rentrée officielle, tandis que d’autres ont continué de travailler mais ont promis de renforcer les matériels et équipements sanitaires au sein de leurs établissements. Mais à part la lutte contre la crise sanitaire, le mauvais temps qui fait encore des siennes mérite que de solutions provisoires soient prises pour adapter les besoins de la population avec le principe de continuité du service public qui doit prévaloir dans le pays.

A cet égard, particulièrement pour l’Office du Baccalauréat qui figure parmi les institutions chargées d’assurer la bonne marche du service public de l’éducation, celui-ci a décidé de modifier ses horaires d’ouverture et son mode d’organisation en raison de l’état d’urgence sanitaire. Ainsi, il est affiché audit bureau que désormais, les étudiants qui souhaitent déposer leurs dossiers nécessaires à l’obtention de leurs diplômes de Baccalauréat ou récupérer celui-ci ne pourront le faire qu’entre 8 heures et 10 heures uniquement. Et comme si une telle mesure ne suffisait pas, les responsables ont encore indiqué que seules les 50 premières personnes qui arriveront sur les lieux seront reçues, le reste devant revenir à une date ultérieure. Or, après avoir récolter les témoignages de bon nombre d’étudiants qui ont voulu récupérer leurs diplômes de Baccalauréat hier, ceux-ci nous ont indiqué qu’apparemment, les agents travaillant au sein de l’Office du Baccalauréat délivrent des numéros sur papier aux étudiants pour s’assurer que l’effectif s’élève bien à 50 mais que malheureusement, ces numéros sont délivrés trop tôt, soit entre 05 heures du matin et 06 heures 30 minutes. Autrement dit, même si un étudiant arrive sur les lieux dans ces heures précitées, il risque de ne pas être reçu s’il ne figure pas parmi les 50 premières personnes.

Grande fût la surprise d’apprendre que de nombreux agents publics à Madagascar se permettent de prendre de telles mesures sous prétexte que cela est motivé par l’état d’urgence sanitaire. Quid de l’égalité de traitement des usagers dans tout cela ? Qui de l’obligation pour les agents de servir l’intérêt général et non leurs propres intérêts ? Quid des étudiants qui n’ont peut-être pas les moyens de retourner sur les lieux mais qui sont obligés de rentrer chez eux parce que « c’est dû à l’état d’urgence sanitaire » ? En effet, il faudrait se poser la question si de telles mesures ont vraiment un lien avec la crise sanitaire ou si c’est un abus de pouvoir venant de ces agents. Au moins, il fallait recevoir les étudiants qui ont raté une journée pour pouvoir récupérer leurs diplômes car parmi ces étudiants, il y en a même qui doivent retourner en province mais qui ne sont venus à Antananarivo que pour récupérer leurs diplômes. De telle injustice et décision prise de manière illogique nous pousse à nous poser des questions si notre pays est vraiment un pays démocratique ou si nous serions plutôt dans un système de dictature déguisée !

En tout cas, « Si les agents publics ne comprennent pas aujourd’hui, espérons qu’ils comprendront plus tard » qu’ils sont chargés de répondre aux besoins des administrés avant les leurs. Et même s’il y a la crise sanitaire qui frappe continuellement le pays, il faudrait apprendre à adopter les mesures « raisonnables et utiles» qui contribuent réellement à la lutte contre celle-ci. De la même manière, espérons que les responsables administratifs qui recevront ce message sauront faire cesser de telles dysfonctionnement dès le début de la semaine prochaine en pensant aux intérêts des usagers qui n’ont pas demandé à ce qu’il y ait une crise, mais qui ont peut-être besoin de tels dossiers dans leurs activités quotidiennes ou professionnelles.

Hariantsa R.

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