La Gazette de la grande ile

Editorial : Mutisme suspect et problèmes miniers

Publié le 22 janvier 2022

Les évènements qui attendent des explications clarifiées et convaiquantes de la part des plus hauts responsables de ce pays restent et demeurent sans réponses. Les  rumeurs les plus folles donnent libre cours à des insinuations et des ragots. A propos de la  récente affaire des 50Kgs de lingots d’or et des deux délinquants extradés à partir des îles  comoriennes, le respect du secret de l’instruction  est sacré. Mais cela ne doit  guère empêcher, Christian Ntsay Premier ministre  en charge du cumul du département des Mines et  des Ressources Stratégiques d’en parler à toute une population avide de savoir. Libre à lui de  démentir telle ou  telle accusation qui n’est  basée sur aucun fait logique tangible, c’est son droit le plus  absolu. On lui reproche surtout son insistance suspecte à taire des faits que les habitants de cette île ont le droit de connaître.

Du temps où Hery Rajaonarimampianina vivait les derniers jours d’un règne aux mille affaires louches et légalement punissables, en tant  que Chef de gouvernement, Christian Ntsay aurait pu dénoncer des tas de pratiques condamnables, après le départ de  ce dernier. Au nom de quel principe, a-t-il choisi de garder le silence sur ces compromissions flagrantes des officiels de ce pays avec les grosses pointures du Projet Ravinala ? Solidarité gouvernementale ? Originaire de cette partie de l’île réputée pour ses filons d’or avec les trafics qui se commettent là-bas, il ne doit rien ignorer des livraisons périodiques au  rythme de 20Kgs par envoi au profit de Voahangy, la Première Dame de l’époque. Pourquoi n’en avait-il pas fait état ? Maintenant les gens racontent que l’épouse de Rajao possède du côté de Dubaï des tonnes de lingots d’or. Vrai ou faux ? Personne n’en parle. Il a fallu que cette virée clandestine du duo Azaly Failaza et  Stenny  éclate pour que les langues se délient et dévoilent que les frères Azaly  n’en sont pas à leur première traversée.  Selon la presse comorienne sur cette affaire, il y  avait aussi «une quantité de drogue, deux armes et une somme de 17.000 euros”. Tout arrivait via la mer à bord de glacières jusqu’au large des côtes d’Anjouan. «Des complices réceptionnaient ensuite l’or soigneusement dissimulé ».  A Moroni où « un jet en provenance de Dubaï » les attend toujours et déjà. Or, « le réseau semble actif depuis plus d’une dizaine d’années.» Comment se fait-il que le Premier ministre Christian Ntsay qui a à sa disposition la Police des Mines et plusieurs services de renseignements de pointe, n’a t-il pas pu découvrir ces incessants va-et-vient des Dalton du trafic d’or ? Comment un Chef de gouvernement a-t-il pu ignorer que le nommé Azaly Failaza, un délinquant en cavale depuis 2017 pour trafic d’or, est candidat député sans que personne ne réagisse. Pire, l’intéressé pose en photo avec des personnalités. C’est à cause de tous ces laxismes et dérives administratifs que la responsabilité du Premier ministre en tant que tel est mis en doute. La Cour criminelle ordinaire d’Antananarivo a condamné à 7 ans de Travaux forcés et une amende de 1 million d’Ariary MOLOU Navazaly Rossanaly pour trafic d’or pesant 66 kg. Il est toujours libre et n’a jamais mis les pieds en prison  grâce à Me Nicole Andrianarisoa. Comment dans ce cas réprimer les trafics d’or ?

Noel Razafilahy

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