La Gazette de la grande ile

Salim Ben Salim, Navaz Molou & Co : Le monde caché du trafic d’or

Publié le 24 janvier 2022

Soyons honnêtes pour  reconnaître les réalités à leur juste mesure. Ce n’est pas parce que des «jeunes loups » de la communauté étrangère indopakistanaise  et indienne sont pressés de vite s’enrichir par tous les moyens licites ou pas, qu’il  faut oublier cette génération de leurs pères et grands-pères qui, en  décidant de s’installer à Madagascar, même pendant la colonisation, puis depuis l’indépendance, se sont toujours débrouillés pour contribuer  au  développement économique, industriel et même social de notre île. D’Antsiranana jusqu’au fin de fond de l’Androy dans le Sud, en passant par Mahajanga, pionniers venus de l’Inde lointain, ils ont laissé des  traces de leur passage sur cette terre où bon nombre d’entre eux ont préféré être enterrés. Les usines, les magasins et grands restaurants laissés en  héritages pour leurs descendants sont les preuves de leur foi en l’avenir de ce pays. La bonne entente par le bon  voisinage et les échanges de services avec les habitants des campagnes de l’arrière-pays surtout, ont fait que d’une génération à l’autre, les relations humaines sont restées excellentes. Certes, il y a ce blocage culturel du mariage mixte et le métissage  a fait le reste… Passons !

L’ère de la mondialisation étant ce qu’elle est, a aussi apporté avec elle, cette frénésie de l’avidité du culte de l’avoir pour devenir «riche et de manière rapide ». Après les pillages du saphir d’Andranondambo, la ruée des exportateurs sri-lankais d’Ilakaka s’installe. L’appétit vient en mangeant. La brèche ouverte par le Code Minier 2005 donne l’occasion à Marc Ravalomanana et ses Tiko-boys comme Ramiaramanana  et Ny Rado Rafalimanana d’inaugurer la filière Dubaï du trafic des lingots d’or. Pour une nouvelle génération d’hommes d’affaires de la communauté indo-pakistanaise sous la houlette de Molou Navazaly Rossanaly, devenu Président  du  Conseil Régional de l’Océan  Indien pour les  besoins  de la cause, c’était l’occasion  rêvée pour les activités parallèles favorisées et facilitées par les navettes de charters des pèlerinages islamiques. Au retour, le marché noir des voitures qu’on n’utilisait plus dans les pays arabes, servait de couverture en douanes, à des fraudes à l’importation des marchandises de luxe et des matériels hi-fi et même de la drogue.  Les affairistes notoires du secteur viennent le  rejoindre  pour former une sorte d’associations de faits occultes. Ainsi avaient commencé ces  relations corrompues avec les hauts responsables des Douanes, en accord  avec les  transitaires qui  ne résistaient pas à l’appât de l’argent sale. Mbola Rajaonah du Transit Tafaray est devenu le très riche hériter de ce  système.

Arrive  alors un nommé Salim  Ben Salim. Il débute dans les importations frauduleuses de voitures et finit par s’imposer dans le  trafic de lingots d’or vers Dubaï, grâce un puissant patron de là-bas, et surtout ses relations sur place. Il était le  coordinateur d’un vaste marché souterrain dirigé depuis Dubaï par un patron des activités transnationales des affaires qui touchent la déstabilisation du Sahel et de l’Afrique.  Si un jour les  services  du  fisc mettent leur nez dans les  affaires de ces  derniers, le pays aura droit à de mauvaises  surprises. Les petits trafiquants comme Saïd du groupe Quincaillerie Sambatra, de l’huilerie HITA, Pirbay de Gulf Sa (prétendant par le trafic d’influence pour les fibres optiques vers Toamasina) du groupe COSMOS, finissent par recourir à  ses services pour faciliter les  expéditions des  lingots d’or. Même à l’heure actuelle, ils ne peuvent pas se passer des  services  de  Salin Ben Salin ayant des influentes relations dans  hautes sphères du pouvoir et même parmi les procureurs des tribunaux. Il fut un temps où les  frères Azaly Failaza étaient sous sa coupe. Dans le milieu, on se demande si la mauvaise passe qu’ils traversent n’est pas une punition de Salim Ben Salim, frustré du fait qu’ils avaient osé se passer de son autorité….  Tant que ce parrain des trafics illégaux de l’or reste et demeure impuni, il ne faut pas se faire des illusions… Il faut décapiter, couper la tête de  ces organisations mafieuses. Tout dépend de la détermination de Christian Ntsay, Chef de gouvernement,  à propos de l’article 65 de la Constitution, «il veille à l’application des  décisions de justice » sur la condamnation judiciaire Rossanaly Navazaly Molou. Sauf peut-être si…

Noël Razafilahy

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