La Gazette de la grande ile

Police nationale : Engagement exemplaire

Publié le 25 janvier 2022

Après les pluies diluviennes qui ont frappé la capitale, on a pu voir de nombreux agents de la police nationale venir en aide à nos concitoyens en détresse.  Cette intervention présente plusieurs avantages.

Tout d’abord, elle soulage le travail des pompiers, des employés du bureau national de gestion des risques et catastrophes et des agents de la police municipale qui sont manifestement débordés. Tous ces braves ne peuvent être partout en raison du nombre élevé de sinistres. Ensuite, cette intervention de la police nationale, en raison de son efficacité, est particulièrement appréciée dans les situations d’urgence. Ses nombreux agents jeunes et dynamiques peuvent prêter main forte. Par ailleurs, cette intervention sur le terrain améliore considérablement l’image de la police nationale auprès de la population. Celle-ci pense souvent à tort que les agents de population sont inutiles et qu’ils versent tous dans la corruption et la violence.

En sa qualité de force intérieure civile, la police nationale est parfaitement dans son rôle lorsqu’elle porte secours aux sans-abris. En effet, l’article 56 de la Loi N° 96-026 du 2 octobre 1996 portant statut général autonome des personnels de la police nationale dispose que

« les fonctionnaires de la Police nationale concourent au maintien de l’ordre public et à l’exercice de la Police administrative et de la police judiciaire…Ils ont le devoir d’intervenir de leur propre initiative pour porter aide et assistance à toute personne en danger.» Il convient encore de saluer l’excellente coordination des forces de police qui font le maximum avec peu de moyens. Il faut espérer que les primes et les avancements seront au rendez-vous.

Cette intervention de la police est louable. Toutefois, elle doit rester ponctuelle. En vertu du principe selon lequel

« à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles », la police nationale doit aider les autres forces mais elle ne peut pas se focaliser sur la gestion permanente des conséquences des cataclysmes naturels. Sa vocation première est d’assurer à titre préventif et répressif, la sécurité des personnes et de leurs biens, ainsi que celle des institutions. Concrètement, il serait opportun que l’armée vienne à la rescousse et se mette en première ligne. Sachant que l’urgence exige des bras, il est nécessaire de mobiliser les individus condamnés à des peines de travaux forcés.

La situation actuelle risque d’aboutir à un paradoxe qui dérange la conscience. En effet, aujourd’hui les policiers assistent des centaines, voire des milliers, de sinistrés qui sont regroupés dans des bâtiments publics et des campements à titre provisoire. La promiscuité, la précarité, le manque de perspective et l’absence de revenus favoriseront les fléaux sociaux, notamment l’émergence de criminels et délinquants. Tôt ou tard, l’Etat va devoir récupérer les bâtiments publics et réduire ses aides d’urgence. Cela va créer des troubles. Les sinistrés qui n’ont rien à perdre vont se risquer à piller et à tuer pour se nourrir. C’est ainsi que les policiers seront appelés en renfort pour contrer la montée de la criminalité et de la délinquance.

Ranary

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