La Gazette de la grande ile

Olala : Tu es parti en paix

Publié le 27 janvier 2022

Consternation mardi et comme une traînée de poudre l’information a circulé : Maître Willy Razafinjatovo alias Olala est parti ! Olala n’a laissé personne indifférent, certains mais rares n’appréciaient pas son franc-parler, la majorité appréciait sa franchise, son souci de la justice et sa générosité. Les hommages qui affluent depuis l’annonce de son décès, sont significatifs. Il n’était pas un avocat arrogant, prétentieux, inaccessible, snob, vénal comme il en existe dans le corps des avocats. Au contraire, il était accessible, pas arrogant et s’occupait même de certains dossiers gratuitement. Luttant réellement contre l’injustice, Maître Olala a la sympathie du public, rares sont les gens de la justice qui ont eu autant d’hommages des simples citoyens en passant l’arme à gauche. Le style ” spectacle” d’Olala peut ne pas être apprécié par certains magistrats, mais il n’était pas là pour plaire aux juges avec qui pourtant il avait de bonnes relations. Il était à la barre pour aider un justiciable à se défendre comme n’importe quel avocat, mais il terminait les dossiers jusqu’au bout, il avait une réelle empathie pour les personnes qui avaient à faire à la justice et regardait plus l’humain que le portefeuille de la personne. Il est de ces avocats qui demeurent joignables et non de ceux qui deviennent injoignables une fois qu’ils reçoivent la grosse partie des honoraires. L’avocat Maître Willy Razafinjatovo ne laissait pas indifférent, on l’apprécie ou on ne l’apprécie pas, mais il n’était pas détesté, il n’était pas haï ni par ses confrères avocats, ni par les magistrats, ni par ses clients et surtout pas, par le simple quidam qui l’écoute parler. Les interventions de Maître Olala sur les plateaux télévisés ne laissaient jamais de marbre. Il abordait des sujets durs et assumait pleinement ses idées. Il avait un franc-parler qui dérangeait et il osait dénoncer les injustices sous toutes ses formes. Le courage il avait, la conviction il avait, le souci de l’autre, de la veuve et de l’orphelin, il l’avait. Si certaines personnes dans le milieu de la justice, de manière générale, sont arrogantes et oublient qu’elles sont de simples humains, de simples mortels, Olala lui est resté les pieds sur terre et en sachant qu’il ne fait que passer, il a beaucoup aidé les gens, même quand il ne s’agit pas de plaider un dossier. Son départ a notamment laissé dans la consternation les Tuléarois où il a passé beaucoup de temps enfant et dans le cadre professionnel. Fin danseur, élégant, toujours souriant, généreux, courageux… Olala n’a pas vendu son âme pour des milliards. Il se bat pour ce en quoi il y croit, il se bat pour les autres, il se battait contre l’injustice et il est parti en paix, car les gens, les simples justiciables, les simples citoyens, n’avaient pas de haine contre lui. Il est parti en paix et aimé par beaucoup : ” Tsy halam-bahoaka”. Repose en paix Olala, Repose en paix Maître Willy, Repose en paix DadaWilly…” Chacun fait ce qu’il veut dans ce pays. Non seulement ils sont méchants, mais en plus ils sont moches!”. Et beaucoup de courage pour sa femme Roukaya, ses enfants, petits-enfants et toute sa famille.

Claude Rakele

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