La Gazette de la grande ile

Edito : Un immense fossé entre les Malgaches

Publié le 07 février 2022

Les mesures de prévention pour l’arrivée du cyclone Batsirai et son intensité ont fait état de l’immense fossé entre les habitants de cette île. La préparation de chacun pour faire face au cyclone et au danger que représente toujours un cyclone démontre clairement que Madagascar est divisé, que les soucis des uns sont loin d’être les soucis des autres. Sur la côte Est et Sud Est, les habitants renforcent les toits de leur maison à l’aide de planches et de sacs de sable.  Habitués à la pluie et aux cyclones, ils n’attendent pas que le cyclone entre, et restent dehors jusqu’au bout. En effet, beaucoup vivent dans ces cases fragiles où toute la famille s’entasse.  Ils ne sont pas en sécurité dans ces maisons, mais c’est ce qu’ils ont. Certains, habitués à ne pas avoir d’électricité, ne dépensent pas de sous pour autant pour des  bougies. Leur petite lampe solaire leur suffit amplement et certains sont encore aux lampes pétroles. A Antananarivo, après le passage d’Ana, l’attitude est également différente. Certains angoissent à l’idée de la montée des eaux et des éboulements. Il n’y a pas longtemps encore ils étaient sinistrés. D’autres se sont rués et ont vidé les étals des supermarchés en faisant des provisions. On se rend compte que si pour les uns, le problème fondamental est le logement, pour d’autres le problème fondamental est d’avoir des provisions pour tenir si jamais ils ne peuvent pas sortir sur plusieurs jours. L’annonce du dangereux cyclone a démontré aussi le manque d’empathie chez certains de nos compatriotes ainsi que l’humour déplacé. Si certains voient la mer se déferler et la désolation dans leur Région, d’autres font du sarcasme sur la longue attente du cyclone au point d’oublier que l’on parle de “prévisions météorologiques” et non de “certitude”. Les dégâts laissés par le passage du cyclone dans pas mal de Régions appellent à une entraide. Gageons qu’au lieu de simplement agir vite, certains vont encore préparer des coups de communication sur la détresse d’autrui. Et lorsqu’on voit l’état de tous ces bâtiments publics du temps de la colonisation, il est aussi temps d’arrêter le focus sur des bâtiments flambants neufs dans les grands centres urbains et de n’avoir aucune considération sur ce qui se passe ailleurs. Il suffit de voir l’état des bâtiments publics de Nosy Varika et tous ces bâtiments qui sortent de terre dans la capitale, notamment dans la cour d’Ambohitsorohitra ou cette envie de mettre en place les téléphériques !

La Gazette

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