La Gazette de la grande ile

Dubaï : Plaque tournante du trafic mondial d’or

Publié le 11 février 2022

Capitale mondiale du shopping et de la promotion immobilière, Dubaï (plus grande ville des Emirats Arabes Unis) est connue pour ses centres commerciaux somptueux ainsi que ses hôtels et voitures de luxe. Ce luxe contribue à son attractivité. L’envers du décor de Dubaï est méconnu. D’une part, les travailleurs immigrés, et surtout les femmes, y sont maltraités. D’autre part, Dubaï est une des plaques tournantes de tous les trafics, y compris celui de l’or. C’est la première destination pour la grande majorité des cargaisons illicites d’or en provenance du continent africain et de l’Océan Indien. La quantité d’or livrée à Dubaï est supérieure à celle qui est acheminée à Londres et Genève réunies. Les 25 kilos d’or saisis à l’Ile Maurice en octobre 2020 étaient destinés à de riches trafiquants de Dubaï. Il en est de même pour les 73,5 kilos d’or saisis en décembre 2020 en Afrique du Sud et les 50 kilos d’or appréhendés en décembre 2021 aux Comores. Ces trafics d’or, qui sont une forme de criminalité organisée, doivent cesser. Il ne sera pas facile d’y mettre un terme du jour au lendemain mais les autorités malgaches doivent entamer des discussions avec les Emirats Arabes Unis car il est anormal que la Grande Ile ne soit pas la première à tirer profit de ses richesses aurifères. Les deux pays ont beaucoup à gagner en travaillant sur des projets constructifs mutuellement avantageux.

Il faut reconnaître à regret que l’ANOR (Agence Nationale de la filière l’Or) est dépassée par les évènements. Elle n’est peut-être pas dotée d’un pouvoir de poursuites et de sanctions, à moins qu’elle ne manque de moyens. En 2018, l’ANOR a enregistré un record de 3.051 kilos d’or exportés officiellement. L’exportation officielle a diminué à 2.424 kilos d’or l’année suivante. Il est urgent de mettre sur pied une société d’affinage et de traitement de l’or qui a déjà fait l’objet d’une étude de faisabilité. L’or en provenance de tous les lieux (dont Mananjary, Ambatolampy, Dabolava et Maevatanana) pourra être affiné et traité dans cette usine. En attendant, il faut redoubler d’efforts pour que le maximum d’or produit dans la Grande Ile soit capté par la réserve nationale d’or de la Banque Centrale de Madagascar.

Ranary

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