La Gazette de la grande ile

Le TGV en panne par manque de carburant

Publié le 16 février 2022

« Si nous continuons à ne compter que sur les bailleurs de fonds traditionnels, Madagascar ne réussira jamais à décoller », disait le candidat Rajoelina.

Pourtant deux ans après son accession au pouvoir suprême, il était très fier en septembre 2021 d’être le 1er dirigeant reçu par la DG du FMI et s’en était félicité sur le site de la présidence.

Ce voyage n’était en fait qu’une opération de communication, aucune négociation ni condition n’était nécessaire pour décrocher les 332 millions de dollars, quote-part de Madagascar sur l’allocation spéciale de DTS d’un montant total de 650 milliards de dollars.

En revanche, Madagascar attend encore avec impatience depuis début décembre 2021 le décaissement de la 2ème tranche de la facilité Élargie de Crédit (FEC) de 68 millions de dollars. Parmi les documents attendus par le FMI et d’autres bailleurs de fonds, figurent les résultats d’un audit sur l’utilisation des fonds Covid qui tardent à sortir. Allez savoir pourquoi un tel retard ! Y aurait-il des casseroles qu’on ne saurait voir ?

Les bailleurs de fonds semblent de moins en moins faire confiance aux organismes nationaux comme le BNGRC, car « Chat échaudé craint l’eau froide ».

Ainsi, l’UNICEF a décidé la semaine dernière de remettre lui-même ses aides aux sinistrés de Batsirai en les personnalisant avec leur logo. De plus, comme une défiance supplémentaire, l’UNICEF a envoyé sur terrain ses propres équipes pour l’évaluation des dégâts, des besoins et des urgences à traiter. Le PAM a directement distribué à Mananjary une aide monétaire à 1 700 familles sinistrées. Même chose pour l’Union Européenne qui envoie ses propres équipes françaises et allemandes coordonner directement leurs aides.

Covid 19 et cyclones financent Rajoelina et Re-bonjour les bailleurs de fonds traditionnels

La Covid 19 et les cyclones sont des aubaines pour Rajoelina, car ils ont permis de débloquer des financements des bailleurs de fonds traditionnels, sans lesquels le gouvernement aurait été mis à nu.

Les seuls grands projets financés sur fonds propres sont le Stade Barea, la réhabilitation du Rova, le Colisée et le début des travaux de terrassement de Tanamasoandro. Même le paiement des salariés du public comme le PAT des universités ou les bourses des étudiants, ou des prestations des petites entreprises de travaux publics, n’est plus assuré. Bilan bien dérisoire !

Rajoelina comptait sur ce qu’il appelait fonds souverain, sans même connaître ce que cela recouvre. Et il compte sur Rothschild, pensant sans doute pouvoir aller emprunter sur le marché financier. Mais avec la gouvernance actuelle et les scores obtenus par Madagascar ne serait-ce qu’en matière de gestion budgétaire, de gestion des sociétés d’État, de corruption dans le secteur public ou d’accès à l’électricité, cela n’arrivera pas demain.

Rajoelina est parti en Europe pour la rencontre Union Européenne (UE) avec l’Union Africaine. Parions que dès son retour, il va se précipiter dans le Sud pour lancer les travaux de réhabilitation de la RN13 entre Taolagnaro et Ambovombe. L’accord de prêt avec la Banque Européenne d’Investissement était signé il y a 5 ans, mais les travaux ne commenceront que cette année. Rajoelina ne tiendra évidemment pas sa promesse de ne plus faire de politique, si ces travaux ne commençaient pas en 2020.

À quoi devons-nous nous attendre pour les 18 mois prochains ? Wait and see…

La Gazette

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