La Gazette de la grande ile

Inflation : menace d’une flambée des prix

Publié le 23 février 2022

Le cours du baril du pétrole monte en flèche. Elle menace d’accélérer l’inflation. Que prévoit le gouvernement pour aider les gens à faire face aux réalités ?

Avec une situation socio-économique déjà délétère, aggravée par le passage des deux récents cyclones tropicaux intenses en un mois, les Malagasy et tous les agents économiques ont en plus une autre inquiétude : la hausse des prix du pétrole. Elle menace d’accélérer l’inflation déjà en hausse. La majorité de la population va s’appauvrir encore plus sans une action volontaire et déterminée !

Les prix s’élèvent à environ 91 dollars le baril après avoir bondi de quelque 40 % depuis cette semaine; Les prix de la référence mondiale ont également grimpé en flèche à cause de la reprise économique du monde développé et la crise géopolitique mondiale. Cette envolée des cours mondiaux du pétrole aggravera la situation du déficit budgétaire de Madagascar. Certes, les réponses appropriées en termes de politiques monétaires (c’est-à-dire l’utilisation efficace des instruments indirects que sont les opérations du contrôle monétaire et les exigences en matière de réserves) apportées par les autorités monétaires pallient en partie les effets de ces augmentations sur le panier des ménages malagasy. Mais le Ministère de l’Economie et des Finances aurait pu apporter de meilleures réponses en termes de politique afin de remédier aux incidences négatives de la variable des cours du pétrole sur le taux d’inflation. Est-ce que le gouvernement est capable de réduire les subventions des prix du pétrole, en raison du caractère sensible sur le plan politique de pareilles initiatives ; cette envolée des cours mondiaux du pétrole ne peut être répercutée directement sur les consommateurs qui sont dans une situation de pauvreté.

Au niveau de la politique économique, le Ministère de l’Economie et des Finances devrait savoir et reconnaître que les cours élevés du pétrole ont des conséquences directes pour les petites entreprises formelles et informelles, constituant l’économie réelle de Madagascar et les ménages malagasy. Il devrait avancer et mettre en œuvre une politique qui protège les forces vives contre ce risque inflationniste. Tout d’abord, les cours du pétrole actuels enchérissent tous les produits dérivés du pétrole, ainsi que de nombreux intrants intermédiaires, entraînant par voie de conséquence  une augmentation des coûts de production de nos petites entreprises. Elles réduiront leur demande de main-d’œuvre et investissement, ce qui se traduirait inévitablement par une baisse de la production ; donc moins d’activités générateurs de richesse. Deuxièmement, les consommateurs seront contraints de réduire leur consommation d’autres biens et services pour payer des factures d’énergie plus élevées. Troisièmement, comme Madagascar est un importateur net de pétrole, nous serons confrontés à des difficultés liées à la balance de nos paiements extérieurs, étant donné qu’on doit mobiliser des ressources supplémentaires pour payer la facture plus élevée de nos importations de pétrole. L’Etat sera également confronté à des difficultés budgétaires plus sérieuses pouvant entamer sa capacité à financer les programmes sociaux nécessaires pour pallier la forte incidence de la pauvreté.

Qu’est-ce que le Premier Ministre et le Ministre en charge de l’économie et des finances ont comme solution de politique structurelle et budgétaire ciblée visant à aider les gens à faire face aux réalités d’aujourd’hui ? Faudrait-il toujours attendre les institutions internationales avant d’agir ? Ne faudrait-il pas renégocier le calendrier des paiements de nos intérêts et de nos dettes pour avoir plus des ressources supplémentaires en plus des aides que la communauté internationale nous octroierait ? Encore faut-il que la gouvernance financière soit exemplaire. Les transferts monétaires actuels devraient être étendus, car beaucoup de nécessiteux n’en ont pas encore eu et d’autres nouveaux devraient en bénéficier. Les subventions énergétiques sur le prix de l’énergie devraient être remises temporairement. Ces révisions pourraient être financées en partie en taxant les rentes monopolistiques des géants des importateurs de PPN, de la télécommunication et d’autres agents économiques qui ont fait un tabac pendant la crise sanitaire 2020-2021.

Zaza R

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