La Gazette de la grande ile

Fanirisoa et Lalatiana : Frappantes ressemblances

Publié le 28 février 2022

Fanirisoa Ernaivo est connue comme ayant été présidente du syndicat des magistrats et ensuite candidate à l’élection présidentielle. Ce que les gens savent de Fanirisoa Ernaivo c’est d’abord l’histoire montée de toutes pièces contre un ministre pour une histoire de parking. Ses collègues magistrats de l’époque avaient révélé que les caméras de surveillance de la banque avaient démontré que c’était elle qui avait provoqué le ministre. Mais le corporatisme étant, elle a réussi à agir de manière malhonnête en abusant du fait qu’elle soit magistrat, en se faisant aider par un très proche à elle de l’époque pour son oeil au beurre noir et ainsi placer sous mandat de dépôt l’ancien ministre. Fanirisoa c’est aussi pour beaucoup les mots irréfléchis à l’endroit des forces de l’ordre qui lui ont valu la radiation en tant que magistrat. Fanirisoa c’est également la lutte contre les deux poids deux mesures face à la célèbre Claudine Razaimamonjy dont elle en a fait vraiment son cheval de bataille. Et aujourd’hui, Fanirisoa c’est la lutte contre la corruption, contre l’impunité, ce sont les directs sur Facebook et son “efa miteny aho izay!”. Fanirisoa avec Lalatiana formaient un groupe d’ardents critiques contre le régime Rajaonarimampianina, contre les dérives du régime Rajaonarimampianina. Si au début Fanirisoa avait un peu de retenue, son amitié de courte durée d’avec Lalatiana Rakotondrazafy Andriatongarivo lui a permis d’apprendre de Lalatiana comment procéder lorsqu’il y a une personne que l’on a dans le collimateur : en faire son os à ronger. La hargne avec laquelle Fanirisoa aujourd’hui fait ses directs sur Facebook renvoie pleinement à la hargne avec laquelle Lalatiana faisait ses chroniques à la radio : même mode opératoire, même tonalité, même monologue d’une heure durant laquelle elle s’écoute parler et se convainc de ce qu’elle dit et cherche à convaincre les autres. Fanirisoa aujourd’hui fait exactement comme Lalatiana, à savoir sortir par petites bribes les informations qu’elle détient sur une personne qu’elle a dans le collimateur, ne pas sortir certaines informations qui risqueraient peut-être de mettre en mauvaise posture d’autres personnes emportées par le tourbillon de la dénonciation et si le contenu de ce qu’elle dit est vrai, la forme qu’elle adopte pour le dire est du copier coller avec les émissions de Lalatiana Rakotondrazafy en son temps, mis à part peut-être que pour Fanirisoa il y a encore l’aspect filtre et esthétique sur Facebook ce que Lalatiana n’avait pas besoin de faire à la radio. Ayant été grandes amies affichées à l’époque sur leur propre page Facebook,  Fanirisoa sait ce qui se passe – à l’époque et peut-être encore maintenant- dans la vie de Lalatiana et c’est probablement pour ça qu’elle avait mis sur un post que Andriatongarivo se promène avec des armes à feu et que Lalatiana est victime de violences conjugales. Certainement aussi que Lalatiana sait ce qui se passait dans la vie privée de Fanirisoa. Mais pour l’heure, Lalatiana occupe un poste de ministre et ne fait plus son émission monologue d’une ou deux heures à la radio mais gageons qu’elle a des informations sur Fanirisoa Ernaivo d’avant le départ en exil de cette dernière en tout cas.

Fanirisoa Ernaivo a dû chercher la protection de la France parce qu’elle fait partie de ces personnes qui dérangent le régime actuel. Elle est de ce fait un boulet pour le régime et depuis qu’elle a sorti les enregistrements sur le ministre Imbiki et Raissa, les gens se mettent à la suivre sur la toile sans forcément mettre à exécution ce qu’elle dit “on ne doit pas accepter, on n’acceptera pas, il faut se lever, il faut refuser” car ceux qui sont sur place à Madagascar ne risqueront pas de perdre leur liberté sur la base des incitations de Fanirisoa Ernaivo qui elle, se trouve en toute sécurité en France. Pourquoi les gens descendront-ils dans la rue par exemple avec des banderoles ou vont-ils faire le style Ravalomanana de l’époque, se réunir, tenir des meetings et faire des entrées en direct au téléphone avec Fanirisoa? On a vu que ça ne mène nulle part de passer ces journées à écouter et attendre les consignes  d’un “leader”  qui se trouve hors du territoire. Les gens suivent FanirisoaErnaivo car la curiosité est loin d’être malsaine, ils découvrent ce que font les dirigeants, partagent ces découvertes sur les réseaux sociaux, commentent car ça permet de se libérer, en discutent entre eux mais cela s’arrête  là. Les 73 députés avaient réussi car ce sont des parlementaires qui descendaient dans la rue mais de simples citoyens qui écoutent Fanirisoa ne vont pas se la jouer héros à aller descendre dans la rue alors qu’elle est à des milliers de kilomètres. Si FanirisoaErnaivo écoute les archives sonores des émissions de Lalatiana, Fanirisoa verra que dans la forme elles sont pareilles, elles sont de vrais moulins à parole, irréprochables et font une fixation sur quelques personnes et présentent leurs interventions comme si elles étaient des enseignants qui maîtrisent tout. Au final on comprend pourquoi elles étaient copines face au régime Rajaonarimampianina car sur la forme elles se ressemblent, sur la manière de présenter les choses elles sont pareilles, sur les convictions elles sont pareilles… l’une a déteint sur l’autre sauf que l’une aujourd’hui s’en prend aux dérives du mari de l’autre. Comme l’a dit le Président Ratsiraka “En politique, il n’y a pas d’amitié ni d’inimities éternelles, il n’y a que des intérêts permanents” aujourd’hui les intérêts de l’une et de l’autre sont aux antipodes mais le même modus operandi est devenu la marque de fabrique de Lalatiana et de Fanirisoa. Entre “de gaga elahy” et “d’efa miteny aho izay”, c’est blanc bonnet et bonnet blanc.

La Rédaction

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