La Gazette de la grande ile

Echos de l’arrière-pays : laxisme et désordre total

Publié le 28 février 2022

Les échos qui nous parviennent des endroits lointains   ayant durement subi les effets  catastrophiques  des  récents  cyclones,  ne  sont guère rassurants. Dans le contexte  actuel de cette succession de  sinistres, les habitants là-bas se plaignent surtout d’être oubliés par les  responsables  étatiques. Quand on  se  base ou qu’on  écoute les  discours déterminés et prometteurs  de  tel ou  tel ministre  décidé à faire  de son mieux pour  apporter des  aides  charitables à nos  compatriotes, les doléances  parvenues dans les  rédactions ne  sont  guère croyables. D’Amboasary   dans le Sud jusqu’aux rives du fleuve Mananjary, en passant par Vohipeno, les secours promis ne sont guère visibles.

Dans les meilleurs des cas, seules quelques localités   font l’objet des descentes massives où l’on voit les secouristes hauts placés dans la capitale et bien équipés, poser fièrement devant les  caméras  des télévisions  et  s’adonner à  des  déclarations  fracassantes vantardes comme  si rien  que par leur présence, ils allaient  apporter  des  solutions  efficaces aux malheurs  de nos  compatriotes victimes des  destructions cycloniques et des crues. Profitant de l’affluence de la présence massive des intervenants  des pays amis porteurs des matériels médicaux  et de purificateurs d’eau, ces cadres des départements ministériels ne  font qu’acte de présence, distribuant des denrées alimentaires, des maillots et des  jeux  de  ballons pour les sportifs. Très souvent, ces distributions  se  terminent dans la mêlée par des bagarres entre voisins. Parce que les autorités locales   dans leur  tendance au népotisme,  parfois  s’amusent à favoriser, soit un  commerçant local, soit des parents (charge aux  bénéficiaires de  commercialiser les produits livrés). Ce n’est pas une  nouveauté bien  entendu, mais dans les conditions existentielles des destinataires des dons détournés, ces dérives sont inacceptables de la part  des personnalités censées comprendre le  niveau  de souffrance des administrés.

Des incidents ont eu lieu à   Amboasary   dernièrement   dans le  cadre des distributions des  dons pour les sinistrés, parce que certaines personnes ont  cru  avoir  été  écartées de la  liste  des  récipiendaires. Or, elles ne  faisaient pas  partie des habitants  du  Fokontany destinataire des  dons. Dans leur  colère, il  ont  ameuté le public  criant au scandale  et  conduit une foule pour  protester au domicile  du  couple responsable du stockage  des  dons. C’était  alors une  attaque  en  règle,  en pleine nuit du  vendredi  au  samedi. Submergé par le  nombre des  assaillants, le propriétaire de l’endroit  est mort sous les  coups  d’armes  blanches (coutelas et hachettes). On l’a  achevé à  coup  de  fusil  de  chasse. Malgré le coup  de  feu  dans la  nuit, les  voisins n’ont pas osé lui porter  secours, car depuis   plusieurs mois, les lumières  de  JIRAMA sont  en mode délestage. Le lendemain, les  forces  de l’ordre avec le  Chef  du  District ont pris l’affaire en main  et sont parvenus à  calmer les parents du  défunt  et la  foule  qui voulait une justice  expéditive.  Il a fallu la présence  dissuasive  des forces  de l’ordre et les interventions  des  autorités  locales pour éviter la  vindicte populaire et ramener le  calme.

Noël Razafilahy

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