La Gazette de la grande ile

Gouvernement de Nuls, aucune vision : « Qui se ressemblent s’assemblent »

Publié le 07 mars 2022

« Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirais qui tu es» pourrait être une version plus actuelle de ce vieux proverbe qui remonte à l’antiquité, et s’appliquerait parfaitement aux membres du gouvernement actuel au vu de leurs prestations.

A tout seigneur, tout honneur. Selon l’ex-ambassadeur Auguste Paraina, le leader bien aimé Rajoelina croyant bien faire en servant lui-même des repas chauds aux sinistrés du Sud Est de Madagascar s’est complètement discrédité auprès de la population locale. Dans cette région, un chef doit rester digne de son rang et ne pas « s’abaisser » à commettre une telle maladresse. Pourquoi son secrétaire Général Valéry Ramonjavelo, expert de l’IEM et surtout originaire de Vatomasina Vohipeno, n’a-t-il pas empêché pareille bévue ?

Aucune visibilité, l’improvisation permanente !

Il y aura deux ans très bientôt, la décision tardive en mars 2020 de fermeture des frontières aériennes a permis d’introduire massivement la covid 19. Cette fois, après avoir passé deux années sans effort particulier pour la vaccination de peur sans doute de nuire au business de l’artemisia et du CVO, on continue à interdire les vols en provenance de l’Afrique du sud. Une décision incompréhensible au moment où l’Europe classe ce pays dans la catégorie vert, et où il y a maintenant des vols quotidiens de et vers Maurice. Ceci handicape le tourisme malgache face au tourisme mauricien, sans que cela empêche des Sud Africains de venir à Madagascar via Maurice. Airlink a déjà réagi par un communiqué (https://mg.co.za/news/2022-03-04-after-announcing-it-would-welcome-back-international-travellers-madagascar-bans-sa-flights/ ) ne comprenant pas cette interdiction des vols venant d’Afrique du Sud, et demande aux hautes autorités de se pencher sur cette question.

Dans un autre volet concernant l’importation de riz, la SPM se plaint des embouteillages des bateaux à l’entrée du port de Toamasina, chaque jour pouvant coûter jusqu’à 200 millions d’ariary. Ainsi, le bateau Momentum transportant 10 000 tonnes a dû attendre 20 jours, ce qui aura donc coûté 4 milliards ariary soit 400 ariary par kilo ! Et ce n’est pas fini ! Un autre bateau , le Propel Progress attend en rade depuis le 03 mars. Sans parler d’un 3 ème bateau qui vient de jeter l’ancre ! Beaucoup de devises jetées par les fenêtres, sans aucune sanction comme d’hab !

Réouverture des frontières

L’autre cas flagrant de l’actualité concerne la réouverture des frontières. Suite à la diminution des cas de Covid, le conseil des ministres du 23 février 2022 a décidé la réouverture totale des frontières à compter du 05 mars 2022, disposition qui devait se traduire par le reprise des activités de toutes les compagnies aériennes étrangères assurant des liaisons avec Madagascar. Le ministère des affaires étrangères, celui du tourisme et celui des transports devaient préciser les conditions imposées à ces compagnies.

Comme d’habitude, il a fallu attendre le dernier jour pour un communiqué conjoint des 3 ministères précités, et de celui du ministère de l’économie et des finances ainsi que celui de la santé publique, ces deux derniers venant à la rescousse.

A l’arrivée, Air Austral serait autorisée pour deux vols hebdomadaires Réunion/Toamasina, ainsi que la compagnie charter Neos Air pour Nosy Be. Comme ouverture totale des frontières, il va falloir attendre ! Mais attendre quand et quoi se demandent les opérateurs ?

Dans tous les cas, les mesures sanitaires publiées antérieurement restent en vigueur, notamment le confinement obligatoire d’au minimum deux jours dans un hôtel agréé (mesure qui ne profite qu’aux hôtels d’Anatanarivo). Par ailleurs, sont apparues de nouvelles conditions qui n’ont rien à voir avec l’aspect sanitaire selon les membres du Groupement des Entreprises, dont notamment l’interdiction de sac ou valise à roulette comme bagage à main. Mesure entraînant des railleries sur les réseaux sociaux qui parlent de ressortir les gony, les sacs poubelles ou les sobika en guise de  bagages à main.

Plus sérieusement, le nouveau président de l’Office National du Tourisme, Jonah Ramampionona, fait part de la déception des acteurs touristiques. Ces nouvelles mesures vont selon lui porter atteinte à l’image de Madagascar sur le plan international.

Ces décisions déjà publiées sans aucun préavis sont surtout incohérentes :

-pourquoi seulement l’ouverture de l’aéroport de Toamasina, et pourquoi limiter Air Austral à deux vols par semaine ? Quid des aéroports de Mahajanga ? Sainte Marie ? Tuléar ? Diégo ? Fort Dauphin ?

– Tsaradia n’opère que deux ATR au lieu de six avant la pandémie, ce qui ne permettra pas de satisfaire la demande pour l’acheminement des touristes d’Antananarivo vers la province. Madagascar Airlines dépense des millions de dollars pour retaper un veux A340 non compétitifs et rien pour les vols domestiques autrement plus importants pour le tourisme et les affaires.

– Pourquoi seule Neos Air est autorisée à Nosy Be ?  Pourquoi pas Ewa ? Ethiopian Airlines ? Air Austral ? Airlink ? compagnies qui desservaient Nosy Be avant la pandémie ?

– Les passagers internationaux arrivent déjà avec un test PCR négatif, pourquoi ne pas se contenter d’un test antigénique à l’arrivée permettant à ceux testés négatifs de profiter immédiatement de leur séjour ?

– Pourquoi interdire comme bagages à main les sacs et valises à roulettes ? Si cette interdiction devait être effective, pourquoi ce ne serait pas à la police, aux douanes ou à Samada de veiller à l’application de cette mesure ?

Bref, une incompréhension totale ! Et selon un opérateur de Nosy Be, 5 ministres pour sortir des c….pareilles, de quoi se mettre en rogne ! De quoi avoir honte vis-à-vis de nos partenaires étrangers !

Parmi ces 5 ministres, pas un pour rattraper l’autre ? Pourquoi ne pas avoir associé les vrais professionnels, car le ministre du tourisme a prouvé une fois de plus ce que la Gazette a toujours affirmé depuis longtemps : qu’il est nul ?

Malheureusement, le recours à la collaboration du secteur privé semble encore un rêve !

La Gazette

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