La Gazette de la grande ile

Scandale au ministère des Sports : Népotisme et favoritisme aggravés

Publié le 07 mars 2022

« On reconnaît l’arbre à ses fruits ». Ce qui signifie que c’est à ses actes qu’on connaît la valeur d’un homme.

Ce proverbe bien connu est le mieux indiqué pour décrire ce que fait le ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS) Hawel Mamod’Ali actuellement, dans la gestion de son département. Si jusqu’à présent, la plupart des gens le voit comme un ange, il n’est pas blanc comme neige. Hawel Mamod’Ali, le propriétaire d’une station d’essence à Morondava, n’est en fait qu’un pratiquant du népotisme et du favoritisme. La preuve, tout récemment, il a nommé son neveu Gaël Andriamalazavola au poste de Directeur de l’Institut National de la Jeunesse (INJ). Une personne que le ministre a déjà nommée au poste de Directeur Général de l’Académie Nationale des Sports (ANS), lors du conseil des ministres du 17 novembre 2021. Mais tout de suite après, cette nomination a été retirée par la présidence.

Le pire c’est que ce neveu de monsieur le ministre n’est autre que le mari et le père de la troisième fille de Rosa Rakotozafy, la Directrice Générale des Sports (DGS) au sein du MJS. C’est dire le conflit d’intérêt qui importe le plus dans ce département des sports.

Autre fait qui relève du favoritisme cette fois-ci et dans la foulée de ce népotisme, est la promotion de Rabarinala Andriantsoa Thierry, l’ancien Directeur de l’INJ comme nouveau Directeur Général (DG) de l’ANS. Un ancien sortant de la faculté de Droit et d’Economie (DEGS) dit-on et qui a suivi une formation en Inspectorat de la Jeunesse et des Sports. A l’issue de sa formation, Rabarinala Andriantsoa Thierry qui est un grand ami de Gaël Andriamalazavola, alors qu’il était encore stagiaire, a été nommé Directeur à l’INJ et quelques années après, nommé DG de l’ANS. Une promotion très rapide dans la fonction aux hauts emplois de l’Etat et qui fait tiquer bon nombre d’observateurs.

Là où le bât blesse est que ce nouveau DG de l’ANS, Rabarinala Andriantsoa Thierry était déjà impliqué dans le détournement de la subvention de l’INJ, en 2020, d’un montant de six cent millions d’ariary (600. 000. 000 d’ariary) l’équivalent de trois milliards de Fmg (3. 000. 000. 000 ariary) par le fameux « retour de transfert » au MJS (cf : La Gazette de la Grande Ile du 02 février 2021.

Cette subvention a été octroyée à l’INJ pour le fonctionnement et la formation des étudiants en Inspecteurs de la Jeunesse à Carion (siège de l’INJ). Seulement, durant l’année 2020, il n’y a jamais eu le moindre étudiant en formation à l’INJ.

Selon les explications des observateurs, dans ces nominations marquées par le népotisme et le favoritisme, dans la gestion de son département, le ministre Hawel Mamod’Ali va favoriser le fameux « retour des transferts » dans le détournement des subventions du ministère de la Jeunesse et des Sports.

Toujours, dans le cadre de cette promotion de Rabarinala Andriantsoa Thierry comme nouveau DG de l’ANS, Hawel Mamod’Ali va à l’encontre de la recommandation gouvernementale et ternit l’image du Président de la République, tout simplement par sa pratique qui va à l’encontre de la vision présidentielle dans le Velirano n° 13.

En effet, dans une note de conseil, la mission de l’ANS est de former des maîtres d’EPS 200 par an, pendant 10 ans, pour combler le déficit d’enseignants d’EPS dans les Collèges d’Enseignement Général (CEG) des 23 régions de Madagascar. Pourtant, la pratique d’Hawel Mamod’Ali est qu’après la sortie de la première promotion des maîtres d’EPS, tous les proches du Secrétaire Général du MJS et du DGS dans les sortants de ces maîtres d’EPS ont été affectés dans les bureaux du ministère.

Par ailleurs, la promotion  de Rabarinala Andriantsoa Thierry comme nouveau DG de l’ANS ne répond en rien à la réalisation de la mission de cet établissement de formation rattaché au MJS qu’est l’EPS, le Sport, et l’entraînement. Tout ceci pour dire que l’heureux élu d’Hawel Mamod’Ali, ne répond tout simplement pas au profil requis.

Ainsi, après les nominations de l’actuel Secrétaire Général Adjoint à la Présidence (SGAP) et sa femme, membre de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), une ministre de travail et son mari, président du CENI, une ministre de la communication et son mari, Secrétaire Général du ministère des mines, et avec cette nomination par Hawel Mamod’Ali de son neveu, le mari de la DGS Rosa Rakotozafy, au poste de Directeur de l’INJ, dans un même département ministériel, décidément, ce régime fait du népotisme et du favoritisme, ses marques de fabrique. Un régime dont la gestion des affaires de l’Etat se fait donc au lit.

Francis Aurélien. R

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