La Gazette de la grande ile

Population Malgache : dans un stress psychologique constant

Publié le 25 mars 2022

Depuis le dernier remaniement, la température de l’arène politique commence à monter en vue de la présidentielle 2023. Les personnalités des partis politiques de la mouvance présidentielle y compris les membres du nouveau gouvernement investissent le terrain pour prendre un temps d’avance sur la soi-disant «compétition » Il en est de même de celles de l’opposition. Leurs communicateurs utilisent « le vacarme médiatique » à travers tout leur système médiatique : radio, télévision, réseaux sociaux, pour faire en sorte que les Malagasy n’entendent pas ce qu’ils sont en train d’écouter. Ils veulent tous vendre leur vérité à Eux. La pratique politique entretient une situation de dépendance totale des Malagasy de la bienveillance des Ray amandreny ara-mpanjakana ou du futur Ray amandreny ara-mpanjakana. Avec cette approche, les pauvres Malagasy vivant dans la misère ont peur d’être exclus du système et de ne pas bénéficier des « vary tsinjo », « tosika fameno » ou autres petits dons matériels; donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires à leur survie. Alors la majorité des Malagasy devenus « dépendants » devrait être traitée comme « un enfant mal nourri », et devrait être surveillée – si on analyse les actes de certains politiciens-. Tout ce qui permet d’endormir leur lucidité est bon socialement pour eux, ce qui menacerait d’éveiller cette lucidité doit être ridiculisé, étouffé, combattu pour l’intérêt supérieur de « Monsieur le Leader politique » ! Est cela la liberté ?…la démocratie ?… les droits de l’homme ?

Vivre dans un environnement dominé par de telles pratiques peut sembler un peu comme un bourdonnement de fond de stress psychologique constant. La majorité des Malagasy a le sentiment que la précarité ne disparaît jamais vraiment. Au lieu de partager collectivement les risques de la vie, ils sont de plus en plus accablés par le lourd fardeau d’exister dans une situation extrêmement complexe. Certains Malagasy exploitent même le «Fivahanana » pour devenir un « Parasite familial ». Les Malagasy sont devenus des individus solitaires, surtout dans les villes, luttant pour rester à flot quelle que soit la situation. Il y a quelques heureux gagnants du régime, mais la plupart des Malagasy est obligée de se battre dans une lutte et une compétition sans relâche pour des petites miettes de revenu quotidien. Bref, Jeux de la faim, jeux de statut, jeux de pouvoir, la liste s’allonge encore et encore avec le système actuel. La culture Malagasy est elle en péril ?

Dans l’ensemble, l’impact cumulé des filets de sécurité de courte durée, des pratiques commerciales rapaces de quelques entreprises monopolistiques, des politiques axées sur l’argent et des inégalités économiques graves écrase l’espoir pour l’avenir, dont la majorité des Malagasy ont besoin pour survivre. La confiance les uns envers les autres et envers nos institutions se dissout. La santé mentale et physique des Malagasy ne peut pas résister à cela. En ville surtout, la dépression et l’anxiété ont grimpé avec la situation actuelle qui a particulièrement dévasté les femmes et les jeunes. De plus en plus de Malagasy expérimentent une détresse mentale. Celle-ci à son tour alimente les maladies physiques, comme les accidents vasculaires cérébraux, les maladies cardiaques, le diabète et l’arthrite. Les statistiques des consultations des hôpitaux les montrent, ces maladies affectent de plus en plus les Malagasy. Actuellement plus d’une vingtaine de milliers de Malagasy en souffrent. Un autre problème de santé publique que Madagascar doit faire face et que les leaders politiques devraient tenir compte car ils en sont responsables en partie !

Zaza R

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