La Gazette de la grande ile

Madagascar : 5ème pays le plus pauvre de la planète

Publié le 20 avril 2022

Cherche boucs émissaires ! Après le dernier remaniement ministériel sans changement de premier ministre, on attend le prochain remaniement gouvernoral après l’évaluation des gouverneurs. Des journaux pro-gouvernementaux s’y mettent déjà et s’acharnent sur certains gouverneurs dont celui de Diana Daodo Arona Marisiky.

Les résultats attendus ont-ils été à la hauteur des moyens alloués aux gouvernorats ? Dans une évaluation, c’est une des questions les plus pertinentes et les seuls responsables de l’allocation de ces moyens, ce sont Rajoelina et Ntsay, les seuls à détenir les cordons de la bourse, vu le style de gouvernance qu’ils ont mise en place.

Après les gouverneurs, vont-ils ensuite descendre à l’échelon inférieur et procéder au remaniement au niveau des districts. Les mauvaises performances seraient le meilleur prétexte pour écarter les éléments indésirables considérés « non sûrs » pour les prochaines éléctions.

  • Performances Rajoelina/Ntsay : 5ème pays le plus pauvre de la planète

Il est temps de regarder en face les résultats du couple Rajoelina/Ntsay après plus de 3 années à la tête du pays. A vous de tirer vos propres conclusions !

Madagascar était déjà classée 10 ème pays le plus pauvre en 2021 avec un PIB par tête de 554 dollars. Selon les statistiques du FMI et de la Banque Mondiale non susceptibles de partisanisme, en 2022, le PIB par tête est descendu à 531 dollars avec 81 % de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté. Madagascar mène donc dans le TOP 5 des pays les plus pauvres du monde, en devenant le 5 ème pays le plus pauvre (Le Burundi tient jusqu’à présent le palme du pays le plus pauvre), s’éloignant encore un peu plus des pays émergents que Rajoelina apromis d’intégrer !

Devrions-nous peut-être plutôt utiliser un nouveau vocable plus approprié BOTTOM 5 du classement des pays selon le PIB par tête d’habitants?

Pourtant, les financements de la Banque mondiale n’ont pas manqué en 2021 ou pour 2022, sans parler de ceux du FMI (voir figure ci-dessous).

A se demander si faute d’avoir le courage de mener les réformes structurelles nécessaires , « rendre la population encore plus pauvre, mettre en avant le Kere, jouer les victimes du dérèglement climatique, dont les 1ers responsables sont les pays industrialisés » n’est pas le nouveau dogme érigé en politique par le régime actuel ? Et espérer ainsi susciter une vague d’indignation et de compassion de la communauté internationale comme lors de la famine de 1985 en Ethiopie avec le fameux tube « We are the world » de USA for Africa. Madagascar est à genoux et tend la main !

  • Qu’attendre du voyage de Rajoelina à Washington ?

« Plaider en faveur du plan national de redressement post cyclonique (PNRPC) » est une des missions de Rajoelina à Washington annoncées dans le compte rendu du dernier conseil des ministres. On ne sait pas qui a élaboré ce plan puisqu’on n’en apprend l’existence que par ce compte rendu. On espère qu’au moins chaque ministre en a reçu communication, car les députés n’en apprendront probablement le contenu que lors de l’examen de la prochaine Loi Rectificative des Finances. Voilà un exemple-type de la gouvernance Rajoelina/Ntsay qu’il est nécessaire de changer.

Ce serait une agréable et énorme surprise que la Banque Mondiale prenne la décicion de financer ce PNRPC. La Gazette est d’avis qu’elle proposerait au mieux une aide budgétaire classique comportant des obligations de mettre en place des réformes structurelles (une fois de plus !), notamment en matière de gouvernance. Qui reprendront une grande partie des engagements antérieurs du gouvernement dans le cadre du programme FEC avec le FMI. La population ne doit pas être pénalisée davantage du fait des dérives de ses dirigeants. C’est le dilemme de la Banque Mondiale et du FMI.

Lors de son dernier voyage à Washington, Rajoelina était très fier d’annoncer l’attribution de 332 millions de dollars d’allocation spéciale du FMI, résultat selon lui de la capacité de négociation de son gouvernement.

Le FMI prévoit cette fois le lancement d’un fonds fiduciaire de 50 milliards de dollars pour la résilience et la durabilité pour les pays vulnérables comme Madagascar . Comme il ne sera lancé qu’à partir du mois de mai, Rajoelina pourra seulement annoncer que Madagascar sera certainement parmi les futurs bénéficiaires de ce fonds.

Madagascar a hélas loupé le coche de « COP 26 » et s’est ridiculisé en demandant le financement du projet éthanol de Mialy Rajoelina. Au lieu de plaider sa cause quant aux impacts du changement climatique sur le pays, en particulier sur le sud et le secteur agricole.

Restons néanmoins optimistes en attendant le retour de Rajoelina annoncé le 23 avril. Après le Christ ressucité, peut-être un autre miracle (sans aucune volonté de choquer ou de scandaliser les communautés chrétiennes !) ?

La Gazette

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