La Gazette de la grande ile

Les parrains ces intouchables

Publié le 28 avril 2022

De tous temps, dans n’importe quel dossier sur les divers trafics qui troublent l’ordre public dans le pays, jamais encore les services de répression et la justice n’ont pu mettre la main sur les grands chefs, ces parrains qui passent toujours à travers les mailles des filets de la justice. Il n’y a que les sous-fifres et les gogos qui se font prendre. Du temps de l’âge d’or des commerces illicites des bois de roses, à propos des vols de bœufs, pour les vols d’ossements dans les tombeaux et les trafics des lingots d’or, seuls les boucs émissaires vont en prison. Les gros poissons qui traitent directement avec les importateurs d’Asie, les patrons vendeurs des troupeaux aux riches bouchers, les importateurs des marchés à l’étranger, les collecteurs des ossements et les partenaires des raffineries de Dubaï restent toujours dans l’ombre, protégés par l’omerta cette loi du silence qui les met à l’abri de la curiosité du public.

Seuls les boucs émissaires sont jugés et vont en prison (pas pour longtemps parce que des complicités influentes se débrouillent toujours pour les faire évader et reprendre leurs activités. Les grosses pointures des crimes organisés sont connues. La crainte des représailles aidant personne n’ose s’en prendre à eux. D’abord bénéficiant des soutiens discrets mais très efficaces, ils échappent toujours aux accusations les plus pertinentes grâce à l’instrumentalisation des juridictions des tribunaux. Récemment, les services de douanes ont saisi un lot de produits suspects d’une certaine quantité, à cause de l’ingérence des enquêteurs, à partir d’une expertise hâtive à l’extérieur assez douteuse et très suspecte diligentée par des juges. L’homme d’affaires suspecté, l’importateur de la marchandise saisie, échappe à une détention préventive (le doigt dans le nez à la grande consternation des douaniers). Ironie du sort, comme pour narguer les enquêteurs, des forces de l’ordre chargés du dossier sur les 600kilos d’héroïne saisis au port de Toamasina récemment, les « dealers » ces vendeurs détaillants de ce produit prohibé, envahissent les rues et les quartiers populaires. Comme si désormais ce commerce dangereux pour la jeunesse surtout est discrètement encouragé. Un cas flagrant d’intoxication d’une jeune fille par overdose de produit stupéfiant a été traité par la Police Nationale (approchée par les suspects la mère de la défunte s’est désistée)… L’affaire est restée sans suite.

Le cas de Moustapha Radja condamné à 18 mois de prison le 13 décembre 2013 a déjà fait l’objet d’une peine de 15 ans de détention. Sa sortie de prison avant expiration de sa peine reste une énigme pour tous. Chose étrange, cet individu mêlé à des affaires criminelles diverses (kidnapping et trafics d’or) est toujours en liberté. Trafiquant notoire en compagnie de tant d’autres toujours en liberté, il figure parmi les criminels insaisissables à cause des relations dans divers milieux de décideurs. Les frères Radjan ont mauvaise réputation dans le milieu indo-pakistanais. Au mois d’octobre 2021, un lot de 23,5kgs d’or a été intercepté conjointement par les douaniers de Madagascar et les services de PAF et la Gendarmerie. Actuellement, personne ne semble s’en préoccuper et les lingots ont disparu de la circulation. Le 31 décembre de la même année en Afrique du Sud, trois individus sont appréhendés porteurs de73, 5 kilos d’or en provenance de Madagascar. Seuls les porteurs sont inquiétés et les enquêtes patinent. Au début de cette année les investigations du Procureur de Moroni saisi d’un trafic de 49Kilos d’or et d’au moins une dizaine d’autres arrivées illégales, provoquent des vagues dans le milieu étatique de notre pays. Les dossiers sont bloqués au niveau des petits poissons… La responsabilité du laxisme du ministre des Mines et des Industries Stratégiques Fidiniavo Ravokatra et celle de Christian Ntsay Premier ministre ayant assuré l’intérim du département font sérieusement l’objet de fortes suspicions.

Noël Razafilahy

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