La Gazette de la grande ile

Eau de la Jirama : Les Malgaches consomment de la merde

Publié le 28 avril 2022

Les Malgaches consomment littéralement de la merde. La Gazette de la Grande Ile a déjà alerté sur la nature non potable de l’eau distribuée par la Jirama. Le journal ne s’est pas contenté d’observer la couleur virant au jaune ou marron, voire boueuse de cette eau. Février 2020, il a effectué des analyses physico-chimique et microbiologique en laboratoire auprès de l’Agence de contrôle de la sécurité sanitaire et de la qualité des denrées alimentaires (ACSQDA) auprès du ministère de la Santé publique et a déboursé de l’argent de son propre compte pour ce faire.

Le résultat est sans conteste : l’eau de la Jirama est non potable à la consommation. Le BHAA (bactérie hétérotrophe aérobie anaérobie) à 37°C dans l’échantillon analysé s’élève à 3,8.103 si le critère est à 102/ml. A titre informatif, les BHAA à 37°C servent d’indicateurs de pollution, notamment pour détecter la présence de matière organique résiduelle. Cette dernière favorise la croissance des bactéries.

Deux ans plus tard, le laboratoire de l’Institut Pasteur Madagascar (IPM) sort des résultats qui font encore plus froid dans le dos. « Les éléments de recherches ne respectent pas les critères de potabilité fixés par le décret n°2004-365 du 15/06/04 relatif aux normes de potabilité malagasy », peut-on lire dans le résultat d’analyse du labo. Pire, les analyses démontrent une pollution fécale animale ou humaine. L’IPM a effectué quatre prélèvements dans le quartier d’Ivato au cours de ce mois d’avril. L’un des échantillons révèle un fort taux de bactéries coliformes (120 NNP/100ml) alors que la présence d’une seule bactérie coliforme rendrait une eau non potable.

Bref, la consommation de l’eau de la Jirama est dangereuse pour la santé. En effet, les analyses de l’IPM ont été motivées par la constatation et le contrôle de maladie observée chez plusieurs individus et animaux domestiques. Des cas d’infections vaginales ont même été constatés dans plusieurs quartiers de la capitale. La raison avancée par certains médecins serait la qualité de l’eau.

Depuis plusieurs années, les consommateurs dénoncent des cas « probables » de pollution de l’eau de la Jirama. La compagnie nationale d’eau et d’électricité a nié les preuves avancées par La Gazette de la Grande Ile. Cette fois, la Jirama a encore nié les résultats de l’Institut Pasteur de Madagascar. Hier, la Jirama a souligné que l’eau produite et distribuée par la société serait potable et que ces résultats pourraient être

« faussés » par l’insalubrité des conduites. Il convient de souligner que l’on n’achète pas l’eau en vrac auprès de la Jirama à Mandroseza.

 

C.R.

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