La Gazette de la grande ile

Hausse de salaire : Une autre forme de subvention

Publié le 05 mai 2022

En se soumettant aux exigences du Fonds Monétaire International (FMI), l’Etat malgache ne peut plus subventionner les opérateurs pétroliers pour maintenir le prix du carburant et empêcher un effet domino inflationniste immaîtrisable. Celui-ci opère d’une autre manière en octroyant la subvention aux employés à travers la hausse de salaire à hauteur de 5% à 25% tant dans le domaine du public que celui du privé, afin de donner aux employés les moyens d’affronter le problème d’inflation. Après son retour de mission de mendicité à Washington, le leader bien-aimé a effectué une préparation psychologique par rapport au fait que Madagascar ne pourra échapper à la hausse du prix du carburant. Concernant la hausse des salaires, la charge de l’Etat s’avère assez considérable à ce sujet qu’on vient à se demander s’il en a réellement les moyens, surtout qu’il n’y a pas que les fonctionnaires qui sont concernés, mais aussi le secteur privé. Le gouvernement compte délester ce dernier des charges patronales payables à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (Cnaps) sur les salariés au salaire minimum afin de leur donner les moyens de pouvoir augmenter le salaire de leurs employés. Pour faire simple, l’Etat va payer les cotisations à la place de l’employeur si l’on en croit les explications du Ministre de l’économie et des finances, Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, en marge de l’ouverture de la session parlementaire hier. La question est de savoir si l’Etat a déjà effectué le calcul où s’il s’est juste contenté d’effectuer un effet d’annonce comme ce régime a l’habitude de faire. L’augmentation discutée ici concerne bien évidemment les travailleurs formels représentant environ 5% des 28 177 762 Malgaches, soit près de 1 500 000 employés. Cela va être multiplié par la somme que le secteur privé doit payer par mois à la Cnaps, environ 34 000 ariary. L’Etat doit donc effectuer un paiement mensuel de 51 milliards d’ariary, soit 255 milliards Fmg. L’Etat a pris cet engagement pensant que le secteur privé travaillant dans le domaine du formel ne représente que peu d’effectif et qu’il peut le supporter. Le problème c’est que la subvention ne s’étend pas sur une durée d’un, de deux ou de trois mois : elle est indéterminée. Il y a aussi le fait que ceux qui travaillent dans l’informel, à savoir la majorité des Malgaches ne sont pas du tout pris en considération, alors que la hausse du coût de la vie concerne tout le monde sans exception.

Jean Riana

Lire aussi