La Gazette de la grande ile

Sentinelle : Changeons d’état d’esprit et osons avancer !

Publié le 10 mai 2022

Depuis quelque temps, le verbe OSER est utilisé dans toutes les sphères d’activité, et on se demande le pourquoi de cet état de chose. Effectivement, bon nombre de Malgaches vivent actuellement dans un contexte psychologique qui nécessite une solution urgente pour l’extirper de cette vile et abjecte dépendance dans laquelle ils sont tombés. Le constat d’aucune prise d’initiative dans la vie quotidienne de la majorité de mes compatriotes, s’apparente à une forme de maladie aigue, inoculée par un virus s’appelant «monde occidental».

Malgré tout le mal que l’esprit colonial nous a apporté depuis des décennies et jusqu’ici encore (CF : îles éparses), on persiste à s’accrocher à leur culture et à leur valeur qui nous sont préjudiciables dans le monde de la survie. Avant de critiquer qui que ce soit, il nous faut nous rendre à l’évidence que ce voyage dans la pauvreté financière et intellectuelle que nous vivons aujourd’hui, n’est que le résultat de nos propres turpitudes. Eh oui ! Le système éducatif en vigueur à Madagascar avait choisi la malgachisation de l’enseignement qui était loin d’être optimisé en ce temps.  En effet, nos académiciens n’étaient pas encore à même de s’entendre pour mener à bien et à terme leur mission, si bien que les effets collatéraux ont fait tant et tant de générations sacrifiées.

Il est vrai que parmi ces dernières, faute de moyen financier pour parfaire une langue étrangère,  plus de la majorité ne pouvaient converser, défendre et soutenir leurs idées face à des interlocuteurs étrangers.  Cette réalité a condamné nos compatriotes à n’être que des exécutants dans leur monde de prédilection. Quand j’entends encore les vieilles peaux de la culture malgache qui étaient les protagonistes de la faillite de notre système éducatif, ânonner leur vision par des  rhétoriques bien établies (lainga tsara lahatra), un relent de pulsion meurtrière remonte de mes entrailles. A mon avis, ils ont perpétré  tout simplement  un crime contre l’humanité.

Désormais, à partir de ces constats, il est nécessaire qu’à tout changement sociétal important, on procède à un vote populaire pour éviter les dérives occasionnées par des gouvernants qui ne font que passer, et n’ont fait de notre pays qu’un champ d’expérimentation.

Les conséquences malheureusement ancrées chez nos concitoyens qui ont dû subir les méfaits occasionnés par les errements d’un système éducatif, sont cette peur de l’étranger qu’ils mettent consciemment ou inconsciemment sur un piédestal. Le pire des acquis actuels, est que la couleur d’une peau blanche leur est devenue synonyme de supériorité intellectuelle, morale et surtout financière.

Désormais, le Malgache a peur d’entreprendre, il ne peut le faire de par cette pauvreté ambiante dans laquelle on nous a confinés. Cette pauvreté entretenue par des banques utilisant un taux exorbitant (plus de 20%), asphyxiant ainsi nos vies, et mettant à genoux ceux qui ont eu le culot de s’aventurer dans l’emprunt. Ces banques étrangères qui évoluent dans notre pays sont loin de penser à des échanges gagnant-gagnants, elles ne sont là que pour étouffer la capacité prospective  naissante  des Malgaches qui s’éveillent à la prospection et l’exploitation nationale et internationale de nos propres richesses.

Alors il est temps d’abandonner nos attitudes timorées, il est temps de nous débarrasser de ces structures érigées pour annihiler nos velléités de nous émanciper d’un cadre nous rabaissant au rang de citoyens de seconde zone. Trop longtemps dans l’ombre de ces ramifications mafieuses qui ont établi des codes de communication pour avoir de libres échanges avec ceux qui tiennent les rênes des financements occidentaux, il nous faut maintenant nous émanciper de leurs modes opératoires. Il est avéré que les circonvolutions linguistiques qu’ils ont adoptées dans cette sphère d’évolution, dépassent la compréhension et la compétence du quidam de base.

Effectivement, pour ce faire, ce dernier doit faire appel à des spécialistes pour ses dossiers en cours. Cette imposition aux normes occidentales est déjà une fuite de capitaux appauvrissant les pauvres, mais enrichissant ceux qui gravitent autour de ces structures bancaires par leur compétence en la matière, comme les bureaux d’études.

Il nous faut maintenant nous tourner ou nous ouvrir vers d’autres sources de financement moins rigides et compréhensibles pour tous comme la BRICS, qui nous permettent de nous affranchir de la tutelle des structures financières occidentales inhumaines qui nous demandent de supporter l’insupportable.

Nous sommes Malgaches, et le malagasy est la langue que nous maîtrisons le mieux. Elle nous permet de prospecter à l’intérieur de notre  pays que tout le monde, et surtout les étrangers, s’accordent à dire que nous vivons sur des richesses que nous-mêmes ne pouvons imaginer (ressources : minières, pétrolières, forestières, terres rares, agricoles et tant d’autres encore…).

Il faut OSER partir avec cette idée réelle de prospection. Et pour pouvoir le faire, il faut s’affranchir des pensées bien malgaches réfractaires à tout changement. Cet esprit d’aventure, gage de réussite d’un développement durable, manque cruellement à nos concitoyens, qui dans la plupart du temps, se cantonnent dans un sédentarisme lénifiant des grandes villes. Il est aussi vrai que l’insécurité qui  règne dans le milieu rural, n’est pas propice pour l’émergence de prospecteurs malgaches diplômés capables de valoriser une région. Cette réalité ne doit pas être un frein pour celui qui en veut vraiment, et qui se donne les moyens de sa politique. Pour que le paysage de la réussite d’un développement puisse prendre un virage dans le changement, on réitère qu’IL FAUT OSER…

Max  RANDRIANTEFY

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