La Gazette de la grande ile

SECES : étrange stratégie

Publié le 13 mai 2022

Le portail de l’Université d’Antananarivo est resté fermé depuis quelques jours, une façon pour le personnel administratif qui, à la date du 11 mai, n’a toujours pas touché son salaire du mois d’avril qu’il doit logiquement toucher vers le 23 avril, de manifester contre le mépris dont il est victime. Il a fermé le portail, car apparemment c’est comme ça que la population universitaire d’Ankatso fait grève. Le SECES quand il fait grève, ferme le portail. Étrangement, le SECES a fait ouvrir le portail quand il s’est réuni à Ankatso alors que le PAT au départ avait fermé le portail. Le SECES n’est-il pas solidaire avec le PAT ou alors, quand c’est le SECES qui ferme le portail, il n’y a pas d’exception, mais quand c’est le PAT qui le ferme il y en a ?

Peu importe… l’attitude la plus bizarre est surtout l’étrange stratégie du SECES par rapport à la HCC et qui étonne des juristes  magistrats que nous avons approchés. Le SECES semble souhaiter que la HCC revienne sur sa décision ou que le Président de la République pèse de tout son poids pour que la HCC revienne sur sa décision. Actuellement, le Syndicat des Magistrats se bat pour que l’indépendance de la justice soit respectée de même que la séparation des pouvoirs. Comment dans un contexte où la séparation des pouvoirs est un principe qui doit être respecté, des enseignants chercheurs puissent penser que la décision de la HCC soit remise en cause ? Pourquoi ces enseignants chercheurs et leur ministre ne présentent tout simplement pas une nouvelle loi, puisque la loi d’avant est déclarée anticonstitutionnelle. Quand on voit que la remarque du SECES porte sur une erreur matérielle de rédaction, c’est comme si le SECES est à court d’argument et manque de hauteur de vue. Entre temps, ce sont les étudiants qui ne peuvent pas travailler, car le SECES et la ministre veulent porter atteinte à la séparation des pouvoirs, mais c’est méconnaître le fait que si jamais le chef d’Etat accepte la demande de la ministre de l’enseignement supérieur et du SECES, cela signifie que désormais les décisions de justice peuvent être changées.

La Rédaction

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