La Gazette de la grande ile

Quand la justice est ” victime”

Publié le 16 mai 2022

Le Pôle Anti-Corruption est critiqué pour laisser filer les bandits en col blanc tout comme pendant longtemps le BIANCO était critiqué pour ne pas faire correctement son travail. Au final, les choses relèvent surtout de la méconnaissance par le public du fonctionnement de ces entités, mais également de la réelle utilité de ces organismes. Quand le BIANCO a fini ses investigations et qu’il transmet le dossier bonbons sucettes, écran plan, copies de concours d’entrée à la magistrature brûlées et d’autres dossiers, il revient, soit au PAC, soit à la HCJ de faire son travail en prenant le relais. Mais la HCJ dépend du bon vouloir du Parlement. Les juges de la Haute Cour de Justice ont été présentés au public, mais depuis, cette HCJ n’a strictement rien fait, car le Parlement ou les parlementaires protègent leurs arrières. Ils semblent ne pas vouloir mettre en accusation les personnes concernées comme s’ils pensaient à ce qu’ils risquent eux aussi de subir. Quand le dossier ne va pas à la HCJ, il va au PAC, mais là encore, le PAC a beau faire son travail, la coordinatrice du PAC a été claire, elle dénonce ce qu’elle appelle ” évasion” de personnes de prison. Il s’agit de personnes qui bénéficient de soutien de personnes influentes ou de personnes du pouvoir. On ne peut décemment pas reprocher au PAC de ne pas faire son travail quand par derrière, les gens du pouvoir manœuvrent pour permettre à leurs protégés d’échapper à la prison, d’échapper à la justice et de privilégier une justice de deux poids deux mesures. Quand le PAC fait son travail et que certains font une fixation par exemple sur Raoul Arizaka Rabekoto, mais se taisent quand il s’agit de son successeur à la CNAPS, Mamy Rakotondraibe. Quand certains font une fixation sur Raissa Razaivola, mais se taisent quand il s’agit de l’ancien ministre Imbiki Herilaza ou même de Tinoka Roberto dont le nom a été cité dans l’affaire, la justice devient victime, car les juges ont beau faire leur travail et le faire correctement, selon que l’on soit proche ou non du pouvoir, on peut échapper à la sentence. La mise à disposition n’existe nulle part dans les textes et la main d’œuvre pénale est strictement règlementée, mais quand on a les bras longs et qu’on est bien soutenu, on bénéficie d’un traitement différent.
Autre situation dans laquelle la justice risque d’être victime est le bras de fer entre le SECES et la HCC. Pourquoi le SECES s’entête-t-il à vouloir que la HCC revienne sur une décision devenue définitive et que pour cela le SECES cherche à avoir l’appui ou l’entremise du chef de l’État ? Les décisions de la HCC ne peuvent aucunement être changées. Obliger la HCC à revenir sur sa décision c’est accepter aussi que quand la HCC sortira une décision électorale, on pourra l’obliger à rendre une autre décision. Il s’agit d’une décision de justice et aussi puissant soit le chef de l’Etat, il n’a pas le pouvoir de faire changer une décision de justice. Le SECES devrait simplement changer le texte rejeté et attendre le contrôle de constitutionnalité par la HCC.
   La justice est victime et pour le commun des mortels, c’est chose rare. Mais quand c’est le cas, il faut le dire et le dénoncer.
La Gazette

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