La Gazette de la grande ile

Dévalorisation de l’Ariary : Une aubaine pour les étrangers

Publié le 16 mai 2022

Lors de la prochaine Foire Internationale de Madagascar, dix-sept chefs d’entreprises membres du Club Export Réunion viendront dans la Grande île dans un but officiel de quête d’opportunités d’affaires à Madagascar. Leur objectif est de « trouver des synergies et de mutualiser les projets ». Cependant, c’est surtout pour élargir leur fonction dans un pays où sous-payer les employés n’est pas un problème.
Le dernier forum des jeunes avec le Bureau International du Travail les 5 et 6 mai derniers, a démontré clairement que Madagascar manque cruellement de travail décent et les opportunités d’entreprenariat sont limitées par une politique administrative handicapante. Même les jeunes qui veulent bouger sont freinés par les procédures administratives trop lentes et beaucoup trop chères.
La monnaie malgache se dévalorise de jour en jour. Hier, 1 Euro équivalait à 4.200 ariary. Avec l’augmentation considérable des taxes, impôts, l’Irsa, les redevances, etc… démarrer une entreprise à Madagascar est quasi-impossible sans un financement considérable. De ce fait, la majorité des jeunes choisissent l’option « employé ». Les recherches d’emploi se multiplient de jour en jour et les données du ministère du travail augmentent, indiquant qu’actuellement, le taux de chômage des jeunes Malgaches atteint les 3%. C’est un chiffre qui indique le nombre de demandes d’emploi déposées, mais ayant été refusées ou en attente de poste libre. A l’issue de quelques interviews dirigées faites à l’Université d’Antananarivo, à l’Université de Vontovorona et au Centre de Télé-enseignement de Madagascar, sur le salaire que les étudiants pourraient accepter, les chiffres sont inquiétants. En effet, des étudiants ayant une Licence et sortant de ces Universités, sont prêts à accepter un salaire de base de 300.000ar. Ceux avec un Master I sont prêts à accepter un salaire de 400.000ar et ceux avec un Master II accepteraient volontiers un salaire de 600.000ar. Notons que les étudiants des Universités Publiques ont tous accumulé des stages professionnels auprès d’entreprises et certains d’entre eux ont même réalisé des projets avec des branches des Nations Unies à travers les Centres de Recherche de leur département.
Le manque cruel de travail à Madagascar pousse les étudiants à faire des concessions. Cela a été remarqué par des firmes géantes étrangères qui veulent s’implanter dans l’île ou élargir leur zone de recrutement dans l’île afin de profiter de ces jeunes désespérés. La dévalorisation de la monnaie nationale malgache est une aubaine pour les étrangers, car ils paient le minimum de leur monnaie comparée à la valeur de la nôtre. Ces visiteurs du FIM sont spécialisés dans l’internationalisation des activités. Une extension à Madagascar leur sera favorable.
T. B

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