La Gazette de la grande ile

Entre avant et après l’élection de 2014

Publié le 18 mai 2022

D’abord, personne ne peut nier que les prédécesseurs des dirigeants du régime actuel ont plongé la population dans les réalités ambiantes de l’abîme de la pauvreté où tout le pays est en train de  faire de la survie en peloton de queue dans les  rangs des nations les plus pauvres de la planète. Plutôt que d’accepter le taux de plus de 10% proposé par RIO TINTO pour exploiter l’ilménite et les  autres minerais précieux ramassés par QMM, le premier patron  d’une  industrie laitière, sans scrupule, a préféré accepter des miettes pour le Trésor Public national et des royalties pour lui à titre personnel afin de remplir ses comptes off-shore, sans oublier de déboucher la bouteille de champagne de la victoire. Il ira même jusqu’à modifier le Code Minier en 2005 pour les besoins de la cause.

Il, c’est Marc Ravalomanana, président autoproclamé en 2002.  L’essentiel pour cet esclave des investisseurs étrangers était de faciliter au maximum les intérêts de ces derniers moyennant des versements assez conséquents au profit de ses avoirs dans les paradis fiscaux. Pendant 7 ans à la tête du pays, qu’est-ce qu’il n’a pas fait pour abuser  des prérogatives  étatiques : modifier les  textes de lois au profit de ses activités en matière d’import-export, piller purement simplement le budget de l’Etat ou encore détourner des liquides de la Banque Centrale de Madagascar et casser le secteur économique pour régner en monopole. L’accaparement des propriétés des paysans et des patrimoines des anciennes sociétés d’Etat étaient son activité de prédilection. Le crétin se montrait bon chrétien et aménageait des centaines de kilomètres de routes bitumées pour la distribution de ses produits laitiers. La population et ses soutiens étrangers en ont eu marre. Ainsi, la Révolution Orange en 2009 a mis fin à ses abus tyranniques.

Après les tâtonnements maladroits du régime de Transition et les errances diplomatico-tactiques d’une capitale africaine à l’autre, pilotées par une médiation tendancieuse intéressée aux ordres d’intérêts étrangers, la Constitution de 2010 est née…Celle-ci, tant bien que mal, permet d’installer une 4ème République mal partie avec Rajaonarimampianina, un Président de la République arrivé au pouvoir avec tous les superlatifs négatifs imaginables résumant l’exercice d’un mandat qui a pris fin avec une démission forcée et les pires conditions politiciennes (le coup d’Etat parlementaire de 2018, une défaite électorale honteuse assortie d’une accusation à posteriori à propos de  l’octroi d’un marché purement illégal sur l’exploitation pendant plus de 20 ans accordée au projet Ravinala Airport, dans  des conditions punissables par les lois de ce pays). Les complicités de pillages de l’or et d’autres produits miniers et les trafics de bois de rose restent et demeurent des mauvais souvenirs du règne du parti H.V.M. sous la conduite d’un super comptable spécialiste des manipulations des comptes et des chiffres. Pour la suite de l’histoire, les acteurs principaux de l’après-Rajao dirigent actuellement le pays avec les difficultés héritées des deux fossoyeurs de Madagascar (l’un au pays et l’autre à l’étranger). Tous deux, ils ont ceci de commun : l’obsession de l’improbable retour aux affaires. Tous deux à leur manière, n’ont qu’une idée dans leur cerveau malade : faire dérailler le TGV. L’équipe en place tient bon. Ni l’invasion de la pandémie, ni les bâtons dans les roues, ni les coups de poignard dans le dos des faux-amis n’ont eu raison du jeune timonier qui maintient son cap contre vents et marées. Le seul véritable problème du système en place n’est autre que cette encombrante solidarité gouvernementale d’un bon nombre de ministres corrompus et pas du tout compétents sous les ordres d’un Premier ministre indéboulonnable avec plus d’ancienneté à son poste que le Chef de l’Etat à la tête du pays. Comme un cheveu dans la soupe, cette situation ralentit la vitesse de croisière d’un convoi déterminé à arriver à bon port.

Noël Razafilahy

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